Robert Falcon-Ouellette est candidat à la mairie. (photo : Ophélie Doireau)

Après avoir été défait en 2019 dans la circonscription de Winnipeg Centre, l’ancien député fédéral du Parti libéral, Robert Falcon-Ouellette brigue la place de maire de la Ville de Winnipeg. 

Par Ophélie DOIREAU

Initiative de journalisme local – Réseau.Presse – La Liberté

Ce n’est pas la première fois que Robert Falcon- Ouellette tente sa chance en politique municipale. En 2014, il est arrivé troisième dans la course à la mairie. S’il retente sa chance en 2022, c’est qu’à son goût, peu de choses se sont améliorées depuis. « Si je n’ai pas mis à jour ma plateforme c’est parce que rien n’a vraiment changé depuis 2014. Il y a beaucoup de dossiers qui ne sont pas réglés comme celui d’une ville pour les enfants. Comme personne qui s’identifie autochtone, je crois dans le principe des sept générations. Les conditions ne sont pas réunies à Winnipeg pour la croissance et le développement des enfants. Quand une politique est mise en place on devrait se demander si ça améliore la vie des enfants et comment. 

« Il y a plusieurs problèmes non résolus dans notre ville, en particulier des problèmes reliés à la santé mentale et aux addictions. » 

Pour Robert Falcon- Ouellette, son expérience au niveau fédéral est un atout pour la Ville de Winnipeg. « J’aimais rencontrer du monde lorsque j’étais député fédéral, c’était important pour moi de voir la réalité. Je me souviens d’une histoire d’une jeune fille autochtone venue à Winnipeg et qui avait fréquenté le mauvais groupe et qui était aux prises avec des addictions. 

« Je n’avais presque trouvé aucune aide pour elle. Toutes les places étaient occupées. C’était et c’est encore un vrai problème. Winnipeg manque de leadership sur cette question. Il y a des attentes de neuf mois dans le système lorsqu’on souhaite sortir des addictions et d’avoir une prise en charge pour la santé mentale. » 

Robert Falcon-Ouellette pense que cette attente est due à un manque de communication entre les organismes et les différents paliers de gouvernement. « Qui fait quoi? C’est une véritable question. Je ne pense pas que beaucoup de personnes le savent. Il est temps de se poser, de discuter ensemble pour les besoins de notre population. 

« Je comprends que tout le monde soit bien occupé avec ses propres affaires, je le sais. Mais tant qu’on ne discutera pas ensemble de ce genre de problème et qu’on n’amènera pas le monde à la même table, on n’avancera pas. Si je suis élu maire, je veux amener le monde ensemble. »

Pour Robert Falcon-Ouellette commencer par ce problème de santé mentale et d’addictions permettra d’améliorer le reste des services de la Ville de Winnipeg. « Si on avance dans ce dossier, l’argent qui est investi dans la police de Winnipeg pourrait être investi ailleurs. Actuellement, le budget municipal pour la police est de plus 300 millions $. C’est l’un des plus gros budget pour la police au niveau national. » 

D’après des données de 2019, Winnipeg était la troisième ville au pays qui dépensait le plus pour sa police. Derrière Longueuil au Québec et Surrey en Colombie-Britannique. Winnipeg dépensait près de 27 % de son budget pour les services de police. 

« Si on dépensait moins dans la police, on pourrait investir l’argent dans des infrastructures routières ou pour les enfants. » 

Son expérience en politique semble donc un avantage pour Robert Falcon- Ouellette. « Je sais comment le système fonctionne. Je sais où sont les failles, comment aller chercher de l’argent, alors j’espère pouvoir me servir de cette expérience pour le bien-être des Winnipégois. » 

Robert Falcon-Ouellette souhaite rassurer les Winnipégois. « Mes mesures ne coûteront pas plus cher aux Winnipégois puisqu’avec une meilleure gestion des ressources, l’argent pourrait être réutilisé dans d’autres politiques. C’est une vision sur le long terme. » 

Robert Falcon-Ouellette est l’un des deux seuls candidats à la mairie bilingues fonctionnels (1). Pour Robert Falcon-Ouellette, il est important de respecter les deux langues officielles du pays. « C’est une question de respect. La Ville de Winnipeg a pris des engagements envers les francophones, pour être leader de cette ville, il faut être conscient des particularités de la francophonie. Il y a beaucoup d’occasions dans la ville de pouvoir s’exprimer en français, à mon avis, ne pas parler français est un manque pour les autres candidats. » 

(1) Le deuxième étant Glen Murray. 

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