William Majcher, 60 ans, est accusé d’avoir “utilisé ses connaissances et son vaste réseau de contacts au Canada pour obtenir des renseignements ou des services qui auraient bénéficié à la République populaire de Chine”, a indiqué dans un communiqué la Gendarmerie Royale du Canada (GRC, police fédérale).

L’homme est soupçonné par la police d’avoir “contribué aux efforts du gouvernement chinois visant à identifier et à intimider un individu en dehors du cadre de la loi canadienne”. Il fait l’objet d’une enquête depuis l’automne 2021.

Ce Canadien, qui réside à Hong Kong, a comparu en vidéoconférence ce vendredi au palais de justice de Longueuil, dans la banlieue de Montréal, où il a été accusé de “complot” et d’avoir agi en vue d’une infraction pour le “compte d’une entité étrangère”.

“Il est au Canada en ce moment, il a été arrêté à Vancouver où il est détenu jusqu’à sa prochaine comparution”, le 25 juillet, a précisé à l’AFP Camille Habel, une porte-parole de la GRC.

Les relations entre la Chine et le Canada se sont fortement dégradées après l’arrestation en 2018 par le Canada, à la demande des Etats-Unis, de la directrice financière du géant des télécoms Huawei, Meng Wanzhou.

Quelques jours cette arrestation, deux Canadiens, Michael Spavor, un homme d’affaires, et l’ex-diplomate Michael Kovrig, étaient arrêtés en Chine, une mesure alors largement perçue comme des représailles.

Si ces trois personnes ont depuis été libérées, les tensions perdurent entre les deux pays, Pékin reprochant à Ottawa son alignement sur la politique chinoise de Washington et les autorités canadiennes accusant régulièrement la Chine de s’immiscer dans ses affaires publiques.

Ces derniers mois, des soupçons d’ingérence chinoise dans les deux dernières élections fédérales au Canada ont d’ailleurs mis le gouvernement de Justin Trudeau sous pression par les partis d’opposition.

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