Un rôle essentiel depuis les tout débuts du Festival. 

L’interprétation historique a toujours été présente au Festival du Voyageur. Colin Mackie, directeur des programmes du patrimoine et de l’éducation au Festival du Voyageur, affirme que c’était déjà un élément essentiel de cette fête hivernale alors que l’évènement n’avait pas encore vu le jour. 

« Avant même le premier Festival du Voyageur en 1970, Georges et Anita Forest s’étaient habillés en voyageurs pour aller promouvoir le Festival du Voyageur, rappelle-t-il. Ils ont été les deux premiers interprètes historiques du Festival, avant le Festival! Depuis le départ, l’interprétation historique est vraiment à la base du Festival du Voyageur. » 

Depuis maintenant 55 ans, de nombreuses autres personnes se sont laissées inspirer par le couple Forest et ont, elles aussi, revêtu des costumes et des rôles de l’époque. 

« Chaque année, le Festival du Voyageur emploie une cinquantaine d’interprètes historiques, indique Colin Mackie. Ce nombre reste assez stable. Parmi cette bonne base de gens qui veulent promouvoir l’histoire, il y en a qui sont nouveaux et d’autres qui sont avec nous depuis plus de 40 ans! » 

Devenir interprète 

Qui peut devenir interprète historique au Festival du Voyageur? Colin Mackie est formel : « N’importe qui. Il suffit d’avoir au moins 18 ans et d’avoir envie de découvrir cette expérience. » 

Les profils des interprètes historiques aujourd’hui au Fort Gibraltar sont d’ailleurs variés, allant d’enseignants à la retraite à des ingénieurs, en passant par des employés de compagnies privées, des militaires, ou encore des nouveaux arrivants, selon le directeur des programmes du patrimoine et de l’éducation du Festival du Voyageur. 

« Souvent quand les gens sont nouveaux, on les fait commencer dans le programme scolaire, précise-t-il. C’est plus confortable que de parler devant le grand public. 

« On les fait aussi changer de station pour qu’ils puissent voir un peu ce qui se passe à chaque station. On a environ sept à huit stations différentes dans le Fort Gibraltar. Ça leur permet de découvrir ce qu’ils aiment le plus faire, quel rôle ils préfèrent jouer. » 

« Passer du temps à lire et faire des recherches est très important pour être interprète historique. On demande beaucoup de lecture. »

Colin Mackie

Esprit d’équipe

Colin Mackie met également en avant l’esprit d’équipe qui règne parmi les interprètes historiques du Festival du Voyageur. Que les nouveaux se rassurent : ils ne se sentiront pas seuls. « Le mentorat est très important et valorisé. Les anciens guident et accompagnent les nouveaux. Il y a une très bonne ambiance dans l’équipe. » 

Plusieurs rencontres et sessions de formation plus formelles en interprétation historique sont également organisées tout au long de l’année, et beaucoup d’information est partagée via les réseaux sociaux. 

Enfin, les interprètes historiques sont tous et toutes encouragés à faire de la recherche et à lire beaucoup au sujet de l’époque des voyageurs et de leur personnage de prédilection, afin de mieux le comprendre et l’incarner. 

« Passer du temps à lire et faire des recherches est très important pour être interprète historique. On demande beaucoup de lecture, prévient Colin Mackie. Chaque interprète reçoit un manuel d’interprétation à lire avec plusieurs anecdotes historiques importantes à connaître. »

Quelque 50 interprètes historiques, toutes et tous en costumes d'époque, arpenteront le parc du Voyageur et le Fort Gibraltar pour faire revivre l'histoire aux festivaliers.
Quelque 50 interprètes historiques, toutes et tous en costumes d’époque, arpenteront le parc du Voyageur et le Fort Gibraltar pour faire revivre l’histoire aux festivaliers. (photo : Gracieuseté Festival du Voyageur)

Honnêteté

S’il est important de s’informer pour mieux connaître son rôle, le directeur des programmes du patrimoine et de l’éducation insiste toutefois sur l’importance de l’honnêteté. « Je dis toujours aux interprètes historiques qu’ils doivent rester honnêtes avec le public. Je ne sais pas est une très bonne réponse à une question du public, bien meilleure que d’inventer une réponse! » 

Pour lui, l’interprétation historique au Festival du Voyageur a donc encore de belles années devant elle. Il n’y a qu’à regarder l’achalandage des cabanes du Fort Gibraltar tout au long des dix jours de Festival, d’année en année, ou encore observer la joie des festivaliers de tous âges d’aller discuter avec une personne en costume d’époque. 

« C’est toujours le fun pour moi de voir le public découvrir de manière pratique notre fascinante histoire manitobaine, conclut Colin Mackie. Grâce aux interprètes historiques, ils peuvent voir cette histoire jouée en direct devant eux, et parfois même y participer. C’est très spécial. »