Le recensement a eu lieu le 5 novembre 2024.
Voici quelques faits saillants du rapport de End Homelessness Winnipeg :
2 469 individus en situation d’itinérance, c’est le nombre le plus élevé en dix ans d’histoire des dénombrements des personnes en situation d’itinérance à Winnipeg. Cela veut dire que plus de 3 personnes sur 1 000 à Winnipeg vivaient en situation d’itinérance ce jour-là.
79,9 % des personnes sans-abri sont autochtones. La majorité (62,8 %) s’identifient comme des Premières Nations, 15,0 % sont Métis, 0,4 % sont Inuits, et 1,7 % ont une autre ascendance autochtone.
17,7 % des personnes interrogées font partie de la communauté 2SLGBTQQIPA+.
22,1 % ont entre 16 et 29 ans, et l’âge le plus courant de la première expérience d’itinérance est 18 ans.
12,9 % des personnes interrogées sont des nouveaux arrivants au Canada (immigrants, réfugiés, demandeurs d’asile ou par un autre processus). Plus de la moitié (55 %) sont des demandeurs d’asile.
Plus de la moitié (55,1 %) des personnes interrogées sont des hommes, 39,3 % des femmes et 5,5 % des personnes ayant déclaré des identités de genre multiples ou non binaires.
« Ces chiffres représentent des personnes réelles – des parents, des voisins et des amis qui méritent la dignité, la sécurité et la stabilité. Ces résultats nous indiquent que l’absence de chez-soi peut être évitée. C’est le résultat de lacunes systémiques que nous pouvons combler », a notamment commenté Justin Woodcock, au nom du conseil d’administration de End Homelessness Winnipeg.
Alors que les personnes autochtones ne représentent que 12,4 % de la population totale de Winnipeg, elles sont surreprésentées dans ce rapport. Un situation que dénonce l’Assemblée des chefs du Manitoba.
« Il ne s’agit pas seulement d’une crise du logement – c’est le résultat direct de générations de politiques coloniales qui ont dépossédé les Premières Nations de leurs terres et leur ont refusé le droit de vivre dans la dignité que leur confère le traité. »
Dans sa réaction à cette actualité, l’Assemblée des chefs du Manitoba rappelle également avoir demandé à collaborer avec le Manitoba pour que le plan Your Way Home comporte un volet spécifique aux Premières Nations et pour créer un groupe de travail conjoint codirigé par les Premières Nations.
Pour rappel, Your Way Home, annoncé en début d’année, est le plan du Manitoba pour mettre fin à l’itinérance chronique.
« C’est un travail de longue haleine. Il nous faut tous : les gouvernements, les prestataires de services et les membres de la communauté qui travaillent ensemble avec compassion. Notre priorité est claire : sortir les gens des tentes et les installer dans des maisons sûres, avec les services dont ils ont besoin pour mener une vie pleine et réussie. Personne dans ce pays ne devrait être sans domicile », a souligné Bernadette Smith ministre du Logement, de la Lutte contre les dépendances et de la Lutte contre l’itinérance et ministre responsable de la Santé mentale.
Par ailleurs, le rapport de End Homelessness Winnipeg formule plusieurs recommandations.
Parmi elles, l’on peut évoquer la réduction des obstacles et l’amélioration de l’accès à l’aide à l’emploi et au revenu. Ou encore l’augmentation de l’offre de logements profondément abordables à Winnipeg. En effet, l’inabordabilité était la principale raison de la perte de logement (32 %) et le besoin le plus cité (82 %) pour trouver et maintenir un logement stable. L’on peut aussi citer l’augmentation des soutiens en santé mentale et en toxicomanie