Les économistes de la firme Deloitte ont présenté leurs perspectives économiques pour l’année 2026.
L’économiste en chef Dawn Desjardins a d’abord fait le bilan de 2025, une année marquée par des perturbations majeures et une grande incertitude politique même si la crainte d’une « récession prévue au Canada ne s’est pas concrétisée », dit l’économiste.
L’année 2026 « devrait marquer un tournant pour l’économie canadienne », ajoute-t-elle. « Le Canada est en train d’appuyer sur le bouton reset », remarque Dawn Desjardins.
Certains indicateurs macroéconomiques et financiers démontrent cette année de transition.
La croissance économique du Canada devrait ralentir légèrement pour s’établir à 1,5 % en 2026 (contre 1,7 % en 2025). La Banque du Canada devrait maintenir son taux de financement à un jour à 2,25 % tout au long de l’année. Le taux de chômage devrait s’orienter à la baisse pour atteindre une moyenne de 6,3 % sur l’année. Les exportations totales devraient croître de 1,3 %, tandis que les importations resteraient quasi stagnantes à 0,1 %. Et, le dollar canadien est prévu à une moyenne de 0,738 dollar américain.
Par ailleurs, Deloitte s’attend à ce que la révision de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) en juillet 2026 soit un « évènement déterminant. »
Son issue pouvant soit libérer des investissements importants, soit avoir « des conséquences désastreuses » pour les exportateurs canadiens, souligne Deloitte qui rappelle que les tarifs américains existants continuent de peser sur des secteurs clés comme l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre.
Au Manitoba
Deloitte a aussi présenté les perspectives régionales.
Si l’on s’intéresse au Manitoba, son PIB réel a progressé de 1,5 % en 2024, rappelle l’organisme. Les prévisions indiquent un ralentissement à 1,1 % pour l’année 2025, avant une remontée attendue à 1,4 % en 2026.
Cette croissance projetée pour 2026 devrait être soutenue par des investissements majeurs dans les infrastructures publiques ainsi que par de nouvelles mesures visant à stimuler le commerce interprovincial.
La hausse du taux de chômage devrait peser sur la consommation au cours de l’année à venir.
Outre les droits de douane imposés par les États-Unis, Deloitte s’attend à ce que le secteur agricole de la province souffre étant confronté à des risques importants liés aux droits de douane imposés par la Chine sur le canola.
Pour rappel, les exportations de canola du Manitoba vers la Chine ont totalisé 650 millions $ en 2024.


