Les Dimanches en famille, programme phare du Théâtre Cercle Molière (TCM), attirent à chaque session une vingtaine d’enfants et leurs parents pour deux heures de découvertes artistiques, d’activités et de rencontres.

Un format simple, mais qui répond à un besoin profond : créer un espace artistique accueillant, sans frais et sans contraintes, afin de permettre aux familles francophones de se rassembler autour des arts vivants.

« Cela fait environ 5-6 ans qu’on a mis ça en place, avec l’optique de créer du lien avec les familles, et de permettre aussi aux familles et aux enfants de découvrir l’art : les Dimanches en famille sont gratuits, donc c’est une manière très accessible d’y accéder », explique Charlotte Gacougnolle, responsable de la médiation culturelle et du développement des publics au TCM.

Un repère inclusif

Chaque séance suit une même structure. Tout d’abord, une performance artistique en français : conte, musique, marionnette, danse… S’ensuit ensuite une activité manuelle, et une collation pour clôturer la matinée, le tout dans une ambiance conviviale.

« L’objectif est aussi que les familles aient un moment fun, juste pour s’amuser » ajoute-t-elle.

Ce format calibré est pour les familles un point d’ancrage régulier.

« Moi, je suis très partisane de ce format : cela permet de créer une habitude chez les gens. Les parents ont l’habitude que, quatre fois par année, il y ait les Dimanches en famille, toujours à la même heure, de 10 h à midi. Ça crée un repère », souligne Charlotte Gacougnolle.

Le premier atelier organisé en novembre était centré autour de la Semaine de l’immigration francophone avec la venue d’un conteur issu de l’immigration.

Le 18 janvier, le Japon sera à l’honneur : ce sera au tour du groupe Fubuki Daiko d’initier les enfants au tambour japonais.

Le 19 avril, place à l’écologie, avec une activité autour des marionnettes et de la protection de la Terre.

Et en juin, la séance sera consacrée au mois de la Fierté (la date reste encore à définir). Les ateliers sont dispensés exclusivement en français.

Si tous les artistes doivent être francophones ou capables de présenter en français, leur origine géographique est plus souple : plusieurs viennent du Manitoba, d’autres d’ailleurs au pays, tant qu’ils contribuent à diversifier les formes artistiques présentées aux enfants.

Un travail de concert

La programmation de Dimanche en famille se construit un an à l’avance, en collaboration avec la Fédération des parents de la francophonie manitobaine (FPFM).

Les thèmes sont choisis à la fois selon la saison culturelle, les opportunités artistiques et les dates clés de la communauté francophone manitobaine.

« C’est vraiment un projet conjoint », insiste Charlotte Gacougnolle.

La répartition des rôles est claire : le TCM sélectionne les artistes et construit la portion artistique; la FPFM, pour sa part, organise les activités manuelles, prend en charge les inscriptions, et alterne l’accueil de l’activité dans ses locaux.

Ce travail de concert permet non seulement de diversifier les propositions, mais aussi d’assurer une forte visibilité auprès des familles francophones, pour qui la FPFM constitue un repère naturel.

« Quand tu as un enfant et que tu parles français, tu vas aller vers la FPFM. Et du coup, dès qu’ils voient ces événements-là, les parents vont forcément s’inscrire », note Charlotte Gacougnolle.

Résultat : aucun enjeu de remplissage. « Les parents sont en demande. On n’a jamais de souci pour remplir la jauge » assure-t-elle.

Bien que la communication cible principalement les jeunes de 5 à 12 ans, Dimanche en famille accueille en réalité un public beaucoup plus large.

Cette flexibilité fait partie de l’ADN du programme : venir en famille signifie venir avec des enfants d’âges variés, parfois accompagnés de grands-parents.

« On a des enfants en bas âge, et jusqu’à une dizaine d’années. Même si l’enfant ne peut pas faire le bricolage, il est quand même là et peut suivre la performance artistique », explique Charlotte Gacougnolle.

La recherche constante de nouveauté

Si remplir les séances n’est pas un défi, conserver une programmation audacieuse et renouvelée en est un.

« Pour moi, c’est un défi de toujours essayer de ramener de nouvelles formes d’art, de trouver des artistes francophones qu’on n’a pas déjà vus et revus », confie la responsable de médiation culturelle.

Cette recherche implique parfois d’explorer des disciplines moins représentées en français au Manitoba, comme le cirque, que Charlotte Gacougnolle espère pouvoir programmer. « Je suis sur une piste pour l’année prochaine », glisse-t-elle avec enthousiasme.

Un avenir artistique francophone

Au-delà du plaisir d’une activité dominicale en famille, le programme s’inscrit dans une vision à plus long terme : agir auprès des plus jeunes comme une porte d’entrée vers l’École de théâtre du TCM et vers les spectacles jeunesse de la saison.

« On a envie de les stimuler, qu’ils se disent que le théâtre et les arts vivants, c’est super », explique Charlotte Gacougnolle. Une manière douce de cultiver les publics de demain.