Leur premier long métrage de fiction, Hair of the Bear, coréalisé et coscénarisé par les deux, sera enfin projeté, les 5 et 6 mars, dans la province où il a été tourné.
Hair of the Bear, coréalisé et coscénarisé par James McLellan et Alexandre Trudeau, n’est pas seulement un film : il est l’aboutissement de près de 18 ans d’amitié et de collaboration, ainsi qu’un reflet des expériences réelles des deux cinéastes.
L’histoire suit Tori, une fille de 16 ans qui lutte contre l’anxiété.
Son trouble l’empêche d’aller à l’école, et sa mère l’envoie donc se reposer pendant quelques semaines chez son grand-père Ben, un francophone qui réside seul dans une cabane au bord d’un lac au Manitoba.
Alors qu’elle apprend les rudiments de la survie en milieu sauvage, elle se retrouve confrontée, avec son grand-père, à deux hommes aux intentions sinistres, obligeant Tori à mettre en pratique tout ce qu’elle a appris pour survivre à cette rencontre.
C’est peut-être le premier long métrage de ces réalisateurs, mais ils ne sont pas entièrement débutants dans le domaine cinématographique. À eux deux, ils ont acquis suffisamment d’expérience pour réaliser un projet dont ils discutaient depuis leur première rencontre.
Alexandre Trudeau se souvient : « C’était vers 2018 qu’on a enfin vu que l’on devenait plus vieux, qu’on avait tous les deux une famille et que le temps était venu. J’avais aussi mes propres expériences en tant que cinéaste, alors pourquoi pas commencer Hair of the Bear maintenant? »

« Sous pression, les gens montrent leur vrai visage »
Alexandre Trudeau, qui vient du monde du cinéma documentaire, croit que les personnes révèlent vraiment qui elles sont lorsqu’elles sont « sous une pression énorme ».
De plus, il a trouvé que son travail antérieur lui avait donné suffisamment de recul pour apprécier pleinement l’histoire que lui et son collaborateur souhaitaient raconter.
C’était l’idée d’explorer ce thème dans un milieu fictif qui l’a vraiment attiré vers l’histoire proposée par James McLellan, qui s’était inspiré de ses observations d’une augmentation de l’anxiété chez ses élèves secondaires.
« Dans ma carrière de documentariste, j’ai beaucoup travaillé en zones de guerre. C’est en quelque sorte là que j’ai rejoint sa compréhension de ce qui pouvait causer de l’anxiété et tout le reste. Nous avons donc pris un personnage anxieux et l’avons soumis à un stress extrême pour voir son parcours au fil de l’histoire. »
L’expérience du cinéma scénarisé était en grande partie nouvelle pour lui, mais il a été bien accueilli, avec beaucoup de soutien de la part de James McLellan.
Évidemment les deux cinéastes ont rencontré des obstacles inattendus mais les défis ont été abordés avec un esprit léger.
Les deux hommes s’accordent à dire que l’humour était le meilleur moyen pour eux de ne pas céder à la pression.
Une touche francophone authentique
Le personnage de Ben, joué dans le film par l’acteur canadien Roy Dupuis, n’est pas le seul élément francophone représenté dans le film.
Étant lui-même francophone, Alexandre Trudeau souhaitait raconter une histoire fidèle à la perspective manitobaine, en y intégrant naturellement la francophonie.
James McLellan ajoute : « Je me suis dit que cela allait donner une touche plus canadienne. C’est subtil, mais cela donne une impression de grande sincérité. »
L’intégration de la langue leur a permis de définir leur film comme une histoire véritablement canadienne, représentant non seulement les défis liés à la communication malgré les barrières linguistiques, mais aussi la réalité des personnes vivant dans les régions rurales de la province.
Cette authenticité s’est confirmée pendant leur recherche de lieux de tournage, lorsqu’ils ont tous les deux rencontré de nombreuses personnes semblables au personnage de Ben.
Ils étaient donc tout aussi ravis d’avoir Roy Dupuis dans le rôle, partageant que l’acteur originaire de l’Ontario ressemblait parfaitement à l’archétype du bûcheron qu’ils recherchaient.
« Quand il n’était pas en scène, il était à la cabane à couper du bois. Il ne se contentait pas de jouer un personnage. Il voulait faire autant de travail que possible, voire davantage », dit Alexandre Trudeau.
Rejoindre le public pour une nouvelle perspective
L’un des moments les plus marquants pour les cinéastes était la présentation du film lors du Whistler International Film Festival en octobre 2025.
Soulagés de pouvoir enfin dévoiler leur travail, ils ont également découvert que le film avait pris une nouvelle signification à leurs yeux.
« C’était gratifiant de sentir les gens frissonner et chuchoter en réaction aux évènements qui se déroulaient à l’écran. C’était la première fois que nous savions que les gens étaient captivés par notre film. En tant que cinéaste, on ne sait jamais ce que les gens vont penser avant que le public réel, sans artifice, soit exposé au contenu. Nous espérons donc que cela continuera, et que les gens seront transportés par le film. »
Hair of the Bear sera présenté au Grant Park Theatre les 5 et 6 mars.