Les données compilées par le Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire, dirigé par Sylvain Charlebois, professeur à l’Université Dalhousie, ne laissent pas présager de bonnes nouvelles pour le secteur de la restauration.
En effet, les chiffres projetés présentent une réduction des établissements depuis 2024, passant d’environ à plus de 90 000 à plus de 86 000 en 2025 à environ 82 000 en 2026.
Fin des aides financières de l’époque de la pandémie, des coûts de main-d’œuvre structurellement plus élevés, le coût des loyers et des matières premières ou encore le ralentissement de la demande des consommateurs, font partie des raisons qui expliquent la situation, selon l’analyse de Sylvain Charlebois.
Une situation qui ne surprend pas Nicholas Douklias, propriétaire du restaurant grec Helios à Winnipeg depuis une dizaine d’années.
« La restauration a toujours été un secteur difficile. J’ai été propriétaire de plusieurs types d’entreprises dans différents secteurs. La restauration, c’est le plus difficile », rappelle-t-il.
Nicholas Douklias confirme que le prix des produits entraîne des difficultés pour les établissements. Le restaurateur dit d’ailleurs avoir retiré certains plats de sa carte car le prix de certains aliments est rendu trop cher.
« C’est un des coûts qui monte tellement. On parle de l’inflation. Certains des mets que je faisais ici, à Helios, je les fais plus parce que juste les ingrédients coûtent tellement cher. Le prix auquel je devrais vendre certains repas, les gens penseraient que je suis complètement fou. Pourquoi est-ce que le prix est cinq fois plus haut que c’était en 2019? C’est ça la réalité. »
Le restaurateur comprend que les gens vont peut-être moins au restaurant à cause des prix.
« Les prix ont tellement monté que les gens n’ont plus de l’argent pour aller à un resto. Un restaurant pour deux personnes, ça coûte au minimum 50 $ sans avoir une boisson gazeuse ou même une boisson alcoolisée. Les diners qui coûtent 50 $, les gens ne peuvent pas payer ça. »
Pour Nicholas Douklias, l’adaptation sera la clé pour tenter de passer cette période. Par exemple, Helios, depuis la pandémie, fait uniquement du service traiteur et de la nourriture à emporter.
« Winnipeg a toujours été connue comme la capitale des restos au Canada car on a une grande diversité d’établissements et de cuisines. Mais, en même temps, il y a tellement de restaurants que toute la communauté ne peut pas soutenir tous ces restaurants tout le temps. Les restaurants qui n’ont pas pu adapter ou changer leur mode d’opération ont dû fermer leurs portes.
« Nous, on a changé le mode d’opération. On est devenu traiteur depuis juin 2021. C’était juste pour quelque chose de temporaire. Mais ça fait quatre ans et demi qu’on n’a pas changé notre mode d’opération parce que ça fonctionne pour nous. »



