Depuis décembre 2023, la province connaît un nombre élevé de cas de méningococcie invasive causés par le sérogroupe W.

12 cas avaient été signalés en 2023, 25 en 2024 qui ont causé deux décès et en 2025, 23 cas ont été rapportés par la province qui ont entraîné quatre décès.

« La majorité des cas ont été détectés dans la région sanitaire du Nord, avec une prévalence particulièrement élevée dans les communautés autochtones. Les nourrissons de moins de 12 mois sont les plus vulnérables, quoique des cas sont survenus dans tous les groupes d’âge », indiquait le gouvernement provincial le 14 janvier 2026.

Pour rappel, la méningococcie invasive est une infection causée par la bactérie neisseria meningitidis à l’origine de certaines maladies graves, notamment la méningite.

Pour la rougeole, la situation est encore plus inquiétante. En date du 23 janvier 2026, le Manitoba a déjà confirmé 32 cas de rougeole. À la même période l’année dernière, il y en avait 0.

Cette flambée n’est pas propre qu’au Manitoba. Le Canada a connu une importance hausse des cas. En 2025, 5 063 cas ont été recensés au niveau national contre 146 en 2024.

À l’issue de l’année 2025, le Canada avait d’ailleurs perdu son statut de pays ayant éliminé la rougeole.

Mathias Oulé, microbiologiste et professeur à l’Université de Saint-Boniface, parlait déjà des cas de méningococcie dans nos colonnes en 2024.

Il parlait déjà de la prévention pour éviter cette situation, que ce soit pour la rougeole ou la méningococcie invasive. En ce début d’année, il passe à nouveau le même message pour tenter de réduire les contaminations.

« Comme je le dis toujours, et je le répète à mes étudiants, il faut faire de la sensibilisation. Surtout dans les garderies et les écoles où les enfants interagissent ensemble. Il faut les informer sur les dangers des maladies respiratoires, des maladies bactériennes. Tout passe par l’éducation. »

Le microbiologiste souhaite aussi des campagnes de vaccination. « Surtout pour les enfants, il faut des programmes de vaccination forts que ce soit au Canada ou au Manitoba », dit-il.

Le gouvernement du Manitoba invite d’ailleurs les parents dont les enfants admissibles au vaccin antiméningococcique à prendre rendez-vous. Et pour la rougeole, la Province le souligne : « la vaccination est le seul moyen de protéger les personnes. »

Selon des chiffres de la Province, 86,6 % des cas de rougeole au Manitoba concernaient des personnes qui n’avaient reçu aucune des deux doses du vaccin.

D’ailleurs, voir les cas augmenter ne surprend pas totalement Mathias Oulé.

« On a vécu une pandémie et les programmes de vaccination des autres maladies ont été négligées au profit de la COVID-19. À cause de ce manque d’équilibre, on a vu une recrudescence des cas, notamment les cas de rougeole.

« Mais, si l’on reprend les choses en main avec de l’information, de l’éducation et la vaccination, on peut se rattraper. En tant que microbiologiste, je souhaite que les gens prennent la vaccination au sérieux. C’est la seule façon d’éradiquer les maladies respiratoires, les maladies transmissibles », confie Mathias Oulé.

Mais le professeur prévient : « ça va prendre quelques temps, je dirais même quelques années pour atteindre l’équilibre. »