L’exposition est ancrée dans le cadre de la deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine proclamée par les Nations Unies (ONU), qui s’étend de janvier 2025 à décembre 2034.

Il s’agit d’un appel mondial à l’action visant à résoudre les problèmes qui touchent les personnes d’ascendance africaine dans les domaines de la reconnaissance, de la justice et du développement.

Pour la présidente de la Chambre de commerce noire du Manitoba, Zita Somakoko, cette exposition répond à un manque criant de visibilité et de mesures concrètes.

« En général, les Canadiens ne savent même pas qu’il y a eu cette proclamation », souligne-t-elle. Ainsi, l’exposition The Fabric of Our Being cherche à rendre tangibles des réalités souvent invisibles.

Conçue par la poète, auteure, militante et éducatrice jamaïco-canadienne Nadine Williams, l’installation explore les thèmes de l’identité, du patrimoine et de l’héritage, présentant « l’identité noire comme un tissu vivant », souligne la directrice.

Pour Zita Somakoko, l’objectif est clair : « rendre visible l’histoire et les vécus des personnes d’ascendance africaine, tout en créant un espace de dialogue et de réflexion lié au passé, au présent et à l’avenir ».

La présidente de la Chambre de commerce noire du Manitoba, Zita Somakoko. (photo : Marta Guerrero)

Sensibiliser

Itinérante, l’exposition a déjà été présentée dans d’autres provinces canadiennes avant de s’arrêter cette année à Winnipeg pour s’y établir tout le mois de février. Le choix du Musée du Manitoba pour héberger cette installation n’est pas anodin.

« Collaborer avec le Musée du Manitoba est un geste fort de reconnaissance institutionnelle, cela signifie que l’histoire des Noirs a toute sa place dans les espaces culturels majeurs », affirme Zita Somakoko.

Le vernissage, qui aura lieu ce 31 janvier, marquera le lancement officiel du Mois de l’histoire des Noirs. L’artiste Nadine Williams sera présente pour contextualiser son travail à travers une lecture poétique, et le public pourra échanger directement avec elle. Les écoles sont particulièrement invitées à participer.

« Au Canada en général, on n’enseigne pas encore l’histoire des Noirs dans nos écoles. C’est une vraie opportunité de venir et d’avoir cette discussion pour nos jeunes », indique Zita Somakoko.

Zita Somakoko espère que l’exposition suscitera « un sentiment de visibilité et de reconnaissance, une fierté et une guérison collective pour la communauté noire. Et pour le grand public en général, une façon de mieux comprendre l’histoire noire, de briser les stéréotypes et d’encourager l’empathie et le dialogue », dit-elle.

À travers The Fabric of Our Being, la Chambre de commerce noire du Manitoba réaffirme sa mission élargie.

« Nous ne sommes pas seulement une chambre de commerce, mais aussi une plateforme de reconnaissance et de contribution », rappelle Zita Somakoko.

Une manière de rappeler que l’histoire des Noirs ne se limite pas au mois de février, mais constitue une trame essentielle du tissu social canadien.