Dans une tempête de neige au rural, Amina, nouvelle arrivante d’un pays d’Afrique, Louis, le métis qui se cherche et Jen, cherchent leur place. Accompagnés du conducteur Ousmane, résident permanent rempli de perles de sagesse, ces jeunes pourront-iels affronter le froid et l’ennui pour trouver les clés du “vivre ensemble”?
Voici le synopsis et le point de départ de Ô Canada, té qui toi?, le nouveau spectacle du Théâtre Cercle Molière à découvrir ce 6 et 7 février 2026.
La pièce est une co-création de Ramatoulaye Cherif, Alison Palmer et Lacina Dembélé. Sur scène les quatre personnages principaux sont interprétés par Axelle Oulé (Jen), Karam Daoud (Amina), Tyler Shingoose (Louis) et Alain Tshinza (Ousmane).
Ouvir la discussion
Ce spectacle est en réflexion depuis deux ans et sera présenté au grand public très prochainement. Alison Palmer en dit plus sur les thèmes discutés dans cette pièce.
« Ousmane représente le griot, qui est, dans la tradition africaine, un peu le guide spirituel qui mène l’histoire, qui interagit avec la foule, qui brise le quatrième mur.
« Amina est une fille métissée de l’Afrique, qui vient d’arriver. Ce personnage raconte, en grande partie, les histoires de Karam. Karam est plutôt blanche, mais africaine, et elle s’est fait demander toute sa vie d’où elle venait, pourquoi elle parlait l’arabe. Et puis, elle est arrivée au Canada et on lui a demandé les mêmes questions : D’où tu viens? Pourquoi tu parles l’arabe? Alors, il y a cette quête d’identité d’être africaine, blanche et canadienne en même temps.
« Quant au personnage de Jen, Djeneba, elle est née au Canada, mais de parents réfugiés africains, qui tentent de refouler un peu leur passé, de ne pas trop parler des traumatismes du passé, et d’embrasser cette culture rurale canadienne.vMais en même temps, elle se questionne par rapport à ses origines ce que n’importe quel jeune ferait à un moment dans sa vie.
« Et après ça, on a Louis, en quête de son identité autochtone, ce qui est commun au Manitoba ces dix dernières années. On commence à dire fièrement qu’on est Métis et Autochtones. Et c’est le temps que les gens le fassent.
« Donc, c’est vraiment ça, le message de la pièce. C’est comment est-ce qu’on peut ouvrir cette discussion sans faire sentir que les gens n’appartiennent pas ici. Il faut approcher avec délicatesse, apprendre à se connaître, être curieux, mais ouvert. Donc, ça, c’est le but de la pièce. »
De vraies histoires
Alison Palmer souligne d’ailleurs que l’écriture de Ô Canada, té qui toi? a été faite à partir de vraies histoires que les gens ont racontées aux scénaristes.
Ramatoulaye Cherif, fondatrice d’Afrik’kadi, directrice administrative et co-directrice générale du Théâtre Cercle Molière, sent l’engouement monter avant que le grand public ne découvre la pièce.
D’ailleurs Ô Canada, té qui toi? a déjà été présenté dans les écoles ces derniers jours. Ramatoulaye Cherif revient sur les premières réactions de ce public.
« La pièce parle d’eux, c’est la voix des jeunes », lance Ramatoulaye Cherif.
« Il faut rappeler que dans le processus de création, nous sommes allés directement dans les écoles recueillir un peu les témoignages des jeunes, de leur vécu. Et ce sont ces témoignages-là qui ont été incorporés dans la pièce. Donc la pièce, les comédiens parlent le langage des jeunes. C’est le langage qu’ils parlent, qu’ils utilisent tous les jours.
« On a eu de très bons retours, des questions très pertinentes. Ils se sont retrouvés là-dedans. »
À noter que ce vendredi 6 février, de 18 h 30 à 19 h 15 au foyer du TCM, il y aura avant la représentation L’Aparté, un moment pour plonger dans les thématiques du spectacle.
Ô Canada, té qui toi?, c’est ce vendredi 6 à partir de 19 h 30 et samedi 7 à partir de 14 h. Billets et informations.

