Ces derniers jours ont été pas mal occupés pour Pierrette Sherwood, cheffe de projet et représentante du Dawson Trail Art Tour, et Mireille Lamontagne, conseillère en patrimoine et experte consultante.

Outre les multiples sollicitations, elles étaient de passage à Ottawa pour se voir remettre leur prix des mains de la Gouverneure générale, Mary Simon.

« On est ravis, l’on est très excités. Puis en même temps, c’est beau d’avoir la reconnaissance. Je pense que c’est un témoignage du beau travail qui a été fait et puis de la qualité des interprétations et de l’histoire qu’on est en train de mettre en valeur pour le Sentier Dawson Trail et ses communautés », commente Pierrette Sherwood.

« Nous sommes épatés et incrédules! C’est tellement quelque chose pour toute la communauté à célébrer ensemble », ajoute Mireille Lamontagne.

Pour rappel, les Prix d’histoire du Gouverneur général célèbrent les meilleures initiatives en lien avec l’histoire et le patrimoine.

Ils ont été établis en 1996 par la Société d’histoire nationale du Canada, afin de souligner l’excellence en enseignement de l’histoire canadienne.

C’est en 2019 qu’un groupe de bénévoles s’était lancé dans cette envie de raconter l’histoire du chemin Dawson.

Après des années de développement, le projet commémoratif du sentier Dawson comprend désormais 15 bornes d’orientation et une série d’expositions artistiques mettant en valeur les noms de lieux traditionnels et l’héritage historique de la première route d’accès entièrement canadienne reliant l’est aux prairies de l’ouest.

Un projet ambitieux

Grâce aux artefacts archéologiques, l’équipe qui travaille sur ce projet a notamment pu préciser que ce sentier date d’au moins 4 000 ans.

Si ce Prix d’histoire du Gouverneur général n’est qu’une étape, il permet de prendre un pas de recul sur tout le travail qui a déjà été accompli.

« Vu l’ampleur du projet, il était déjà très ambitieux en 2019. Donc, on a dû étaler ça sur plusieurs phases, mais on n’aurait jamais pu croire à quel point ce projet-là allait être énorme et complexe dans son ensemble. Et, jamais l’on n’aurait pu imaginer à quel point ce projet allait avoir ce rayonnement-là  », lance Pierrette Sherwood.

Mireille Lamontagne qui a notamment travaillé sur les recherches, la rédaction et l’édition en dit justement un peu plus sur l’ampleur de ce projet.

« C’était un processus de protection de la route pendant qu’on la marquait. Mais dans le même temps, il a fallu recueillir les histoires des gens de la communauté, puis aller dans les archives et au travers de l’art qu’on retrouvait.

« On a accumulé une bibliothèque d’au-dessus de 5 000 différents items dont on s’est servi pour créer l’exposition », indique Mireille Lamontagne.

Toujours du travail à faire

En 2023, c’est au cœur de Saint-Boniface que l’équipe du chemin Dawson avait dévoilé le marqueur 15.

Aujourd’hui, où en sont-ils dans leur projet, qui semble immense selon des dires des deux protagonistes?

« Est-ce qu’il y a une fin à ce projet-là? On rit un peu parce que finalement, plus on cherche, plus on trouve », confie en souriant Pierrette Sherwood.

« À tous les tournants, on a l’impression qu’il y a quelque chose de nouveau à développer. C’est un peu la beauté du projet. C’est que ça va, je crois, mener à plein d’autres petites initiatives qui vont se développer, non seulement par le Musée Dawson Trail, qui est bien sûr notre organisme d’appui, mais par bien d’autres petites entreprises ou par les différentes communautés.

« On sait par exemple que la municipalité de Taché est en train de développer une stratégie touristique basée avec le chantier comme pilier. Donc, on espère que ça va découler sur de beaux projets comme ça. »

De nouveaux documents à découvrir

Ce voyage à Ottawa a aussi permis à Pierrette Sherwood et Mireille Lamontagne de découvrir de nouveaux documents sur le chemin Dawson.

« Nous sommes allées à Bibliothèque et Archives Canada pour aller voir certains documents qui n’avaient jamais été numérisés auxquels on n’avait pas accès parce qu’on n’avait pas les sous pour voyager durant le développement du projet », rapporte Mireille Lamontagne.

Le projet total du circuit artistique et patrimonial du chemin Dawson est rendu à environ 800 000 $.

À noter qu’en plus du chemin Dawson, deux autres projets manitobains ont eu un Prix d’histoire du Gouverneur général.

L’exposition Amours cachés : la purge LGBT au Canada du Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) a eu un prix pour l’excellence des programmes en musées : Histoire vivante! D’ailleurs, l’exposition est toujours à voir dans l’établissement manitobain jusqu’à l’automne.

Enfin, Kathryn Laframboise et Jonathan McPhail de l’École Exchange Met de la Division scolaire Seven Oaks sont les lauréats du Prix d’histoire du Gouverneur général pour l’excellence en enseignement.

Ils ont été récompensés pour le projet qu’ils ont mené avec leurs élèves de 10e année l’année dernière, intitulé In Flight: Our Black History Walk, inspirant une réflexion significative sur l’effacement historique et l’importance de la diversité des récits.