L’analyse de l’Institut climatique du Canada démontre que l’adaptation proactive — qui consiste à moderniser les infrastructures avant qu’elles n’atteignent un point critique de défaillance — est la stratégie la plus économiquement viable pour le pays
En effet, sans mesure d’adaptation, les coûts d’entretien et de remplacement augmenteront de 15,1 milliards $ par an en moyenne d’ici 2100.
Pour faire face à la situation, un investissement de 3 milliards $ par an est requis. Cela représente l’investissement moyen soutenu nécessaire pour le reste du siècle afin de renforcer la résilience des infrastructures existantes face à deux stress majeurs : la chaleur extrême et les pluies abondantes.
Selon les estimations de l’Institut, cet investissement permet aux gouvernements de réaliser des économies nettes de 9,9 milliards $ par an par rapport à une absence d’adaptation, et de 5,4 milliards $ par rapport à une approche réactive.
À noter que l‘approche réactive (attendre le remplacement naturel ou la panne pour moderniser) est moins efficace car elle laisse une part importante des actifs vulnérables plus longtemps. L’approche proactive permettrait de rendre 70 % des actifs publics résilients d’ici 2050, contre seulement 30 % avec une approche réactive.
Dans son étude, l’Institut climatique du Canada rappelle que le parc d’infrastructures canadien souffre d’un déficit de financement chronique datant des années 1970, ce qui amplifie aujourd’hui les risques climatiques.
Environ 14 % des infrastructures essentielles (routes, ponts, réseaux d’eau) sont en mauvais ou très mauvais état. Le coût pour remettre l’ensemble du parc en bon état est estimé à 294 milliards $.
85 % des infrastructures ont été construites avant 2015, et 65 % avant 1985, soit avant l’intégration systématique des risques climatiques dans les normes de conception.
L’Institut climatique du Canada note tout de même un enjeu de taille. Les municipalités possèdent plus de 60 % des infrastructures publiques. Elles devront assumer environ 72 % des coûts d’adaptation proactive, soit 2,2 milliards $ par an.
En plus de l’investissement annuel, Institut climatique du Canada recommande notamment de créer des fonds d’adaptation pluriannuels et des outils de captation de valeur foncière pour aider les municipalités à accéder au capital ou encore d’intégrer obligatoirement les risques climatiques dans les plans de gestion des infrastructures (actuellement, seulement 30 à 50 % des municipalités le font).

