Julien FERRER, futur étudiant à la Faculté d’éducation de l’Université de Saint-Boniface.
« Je suis français, mais j’habite au Manitoba depuis 2012. Je dirais que je suis francophone ou bilingue… Français au Manitoba. Au quotidien, c’est 100 % français avec ma famille et mes amis, la plupart de mon groupe d’amis sont des immigrés de pays francophones. Pour les services, je passe souvent par l’anglais, surtout parce que c’est plus rapide.
« Je consomme environ 80 % de contenu en français et 20 % en anglais et le contenu francophone que je regarde vient surtout de France. Au Manitoba, je connais surtout le CJP et le CCFM. Pour les activités, je vais plus souvent du côté anglophone. Par exemple, je fais du karaté et je ne savais même pas qu’il y avait un dojo francophone à Saint-Boniface.
« Pour moi, le Manitoba est bilingue, on peut y faire toute sa vie en français, même s’il manque encore des services plus rapides. Travailler en français ici, c’est possible, et tous les jobs que j’ai eu ici étaient en français. Il y a juste moins de place, c’est sûr, mais oui c’est 100% possible, et c’est aussi ce que je veux. »
Kewell KOUNOUMBA DOUMBIA, étudiant en première année à l’Université de Saint-Boniface.
« Je suis Ivoirien et je viens d’arriver au Manitoba. Parler français, pour moi, c’est une fierté. C’est ma langue. Pour l’instant, je me définirais plutôt comme franco-manitobain. À l’université et à la maison, je parle surtout français. L’anglais, j’essaie de l’apprendre petit à petit. Quand on me parle français ici, je réponds en français, et j’en suis fier. Les choses importantes, j’essaie de les gérer en français, parce que c’est la langue que je comprends le mieux.
« Sur les réseaux sociaux, mon contenu est surtout francophone, parce que mes comptes datent d’avant mon arrivée. Je ne consomme pas beaucoup d’informations locales. Souvent, ce sont les réseaux sociaux qui me donnent des infos, mais je reste méfiant.
« Pour moi, une province bilingue, c’est une province où il y a le français et l’anglais, et où, si ton anglais n’est pas à 100 %, le français peut t’aider à mieux comprendre certaines choses. J’aimerais devenir bilingue et pouvoir travailler en français et en anglais plus tard. »
Kyra CHARTIER, étudiante à l’Université de Winnipeg, vise l’enseignement en milieu francophone.
« Le français, c’est ma première langue. Mes parents le parlent, alors moi je l’ai parlé toute ma vie. On utilise des anglicismes entre amis, puis on ne remarque même pas. Pour les services, je parle français si je peux, parce que d’habitude c’est plus accessible. Pour mon docteur, c’est plus facile parce qu’il y a moins de personnes qui vont à la clinique française ici.
« Sur les réseaux sociaux, c’est moitié-moitié français et anglais. La plupart du contenu francophone que je regarde, vient de la France. Pour les informations locales en français ça ne me trouve pas tout seul, mais moi je peux le trouver si je le cherche.
« Pour les activités en français ici, je trouve ça un peu difficile. Ici, c’est très facile de perdre son français. Quand tu viens au Manitoba, tu ne vois pas vraiment que c’est bilingue. Même dans des restaurants français, ils ne parlent pas souvent français. Il faudrait s’assurer qu’il y ait des services pour tout le monde dans les deux langues, et faire plus la promotion du français. »

