Où s’informent les Canadiens quand ça vient à leur santé? Dans quelle direction se tournent-ils pour avoir des informations fiables sur ces sujets? C’est à ces questions là que le sondage (1) l’Association médicale canadienne (AMM) apportent plusieurs réponses.
La perception de la mésinformation demeure une réalité constante pour une majorité de la population. Environ 64 % des Canadiens affirment trouver des informations fausses ou trompeuses au moins « de temps en temps ».
La population est de plus en plus sceptique à l’égard des informations en ligne (69 %) et même envers ses propres prestataires de soins (49 %).
Parmi les sondés, une large majorité (77 %) s’inquiète de la mésinformation provenant des États-Unis, ce qui dégrade directement la confiance envers les médias canadiens.
À l’inverse, le réseau personnel gagne en importance, la confiance envers la famille progressant de 6 points, tandis que la confiance envers les médecins reste stable et prédominante.
L’IA s’installe et entraîne des réactions indésirables
Près de 89 % des Canadiens utilisent Internet pour s’informer sur la santé. Les recherches portent prioritairement sur : les symptômes ou états de santé (78 %), les options de traitement (71 %), la gestion des maladies chroniques (59 %), l‘accès au système de santé (56 %).
L’utilisation d’Internet ne repose pas sur une croyance en sa supériorité qualitative, mais sur des impératifs pratiques :
80 % considèrent que c’est le moyen le plus rapide, 66 % trouvent cela plus pratique que de parler à un professionnel, 57 % déclarent y être contraints car les médecins de famille ou cliniques n’étaient pas disponibles et seuls 45 % estiment que ces informations sont aussi fiables que celles d’un professionnel.
L’intelligence artificielle (IA) s’installe dans les habitudes de santé, malgré une méfiance persistante.
En effet, seuls 27 % de la population ont confiance dans l’IA pour fournir des informations exactes.
52 % utilisent les résultats de recherche d’IA (ex: Google) et 48 % utilisent des plateformes comme ChatGPT pour s’informer.
Environ 48 % (résultats de recherche IA) et 39 % (plateformes IA) utilisent ces outils à des fins de traitement, particulièrement chez la Génération Z et les Millénariaux.
L’étude observe que les individus suivant des conseils de santé générés par l’IA sont cinq fois plus susceptibles de subir des préjudices ou des réactions indésirables que les autres.
« L’IA transforme déjà la prestation des services de santé, et cette tendance est irréversible. Il est essentiel que les gouvernements, les prestataires de soins de santé et les patients et patientes travaillent ensemble pour faire de l’IA un outil fiable en matière d’information sur la santé », a commenté la Dre Margot Burnell, présidente de l’AMC, sur ce sujet.
Au Manitoba
Si l’on s’intéresse aux répondants du Manitoba, 79 % d’entre eux font confiance aux médecins pour obtenir des informations exactes sur leur santé, ce qui est légèrement inférieur à la moyenne nationale de 83 %.
Le niveau de confiance envers les organes d’information canadiens pour le partage d’informations exactes est de 27 % (donnée regroupée pour la Saskatchewan et le Manitoba).
Les résidents du Manitoba rapportent un taux d’exposition aux informations trompeuses en matière de santé plus élevé que la moyenne, soit 71 % contre 64 % au niveau national.
Cette exposition a rendu 66 % des répondants sceptiques face aux informations de santé trouvées en ligne, et 50 % sceptiques face aux conseils de leurs propres professionnels de la santé.
Environ 38 % de la population de la province utilise l’IA pour traiter un problème de santé. La confiance envers les plateformes d’IA (comme ChatGPT) est de 23 %, comparée à une moyenne nationale de 27 %.
Pour améliorer la situation, les Canadiens et Canadiennes qui ont répondu au sondage attendent plus des institutions.
90 % des sondés estiment que les gouvernements ont la responsabilité de lutter contre la diffusion de fausses informations sur les médias sociaux.
87 % considèrent que les plateformes de réseaux sociaux doivent empêcher la mésinformation de parvenir aux utilisateurs.
(1) L’étude a été menée en ligne du 3 au 13 novembre 2025 auprès de 5 000 Canadiens et Canadiennes.

