Après des menaces de Donald Trump contre un nouveau pont entre le Canada et les Etats-Unis, le Premier ministre canadien Mark Carney a assuré mardi que la situation “allait être réglée”, mais la Maison Blanche a posé une nouvelle fois ses conditions.

“J’ai parlé au président ce matin. Concernant le pont, la situation va être réglée”, a assuré Mark Carney, évoquant des échanges “francs ”.

Donald Trump a lui rappelé “très clairement” ses exigences pendant cet appel, a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Levitt pendant une conférence de presse, jugeant qu’en l’état, le projet était “inacceptable”.

Le président américain “pense que les Etats-Unis devaient être propriétaires de la moitié au moins du pont, avoir une autorité partagée sur ce qui y transite et être associés aux retombées économiques qu’il génère”, a-t-elle indiqué.

Lundi, Donald Trump a menacé sur son réseau Truth Social de bloquer ce projet qui est quasiment achevé et qui doit relier les villes américaine de Detroit (Michigan) et canadienne de Windsor (Ontario).

Selon Mark Carney, la conversation a permis de rappeler les responsabilités respectives des deux pays dans ce projet binational. “J’ai expliqué au président que le Canada a payé pour le pont, premièrement, et deuxièmement que c’est une propriété partagée entre l’État du Michigan et le gouvernement du Canada”, a-t-il souligné.

Le Premier ministre a ajouté que l’enjeu central demeurait la fluidité des échanges transfrontaliers.

La sénatrice démocrate du Michigan Elissa Slotkin a condamné les propos de Donald Trump : “avec cette menace, le président veut punir les habitants du Michigan pour une guerre commerciale qu’il a lui-même lancée” avec le Canada, a-t-elle jugé sur X.

Le chantier a démarré en 2018 pour un coût total de 6,4 milliards $, pour une ouverture prévue courant 2026.

Le pont portera le nom de la légende canadienne du hockey sur glace Gordie Howe.

Le président républicain a multiplié depuis son retour au pouvoir les déclarations hostiles contre le Canada, ainsi que les attaques commerciales et économiques, allant jusqu’à déclarer à plusieurs reprises qu’il fallait en faire le 51e Etat américain.

Donald Trump critique par ailleurs vigoureusement la volonté du Canada de se rapprocher économiquement de la Chine.

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