Parmi les groupes à découvrir ce vendredi 13 février, lors de la soirée d’ouverture du Festival du Voyageur, le public pourra écouter la musique de Zrada, un groupe psych-folk ukrainien du Manitoba.
Pour leur quatrième fois au festival, le groupe réserve une surprise au public. « La musique de Zrada transcende les langues », annonce le festival sur son site Web.
Et en effet, pour la première fois, Zrada chantera en français. Accompagné de la Franco-Manitobaine Geneviève Freynet, alias Flora Luna, Zrada présentera la chanson Katya.
Les artistes expliquent ce qui a mené à cette collaboration en discussion déjà depuis plusieurs années.
« J’étais à Ottawa pour un spectacle, je pense, et je reçois un message d’Andriy Michalchyshyn (ndlr : le parolier du groupe) sur Instagram. C’était un peu aléatoire, je ne connaissais pas vraiment ce groupe-là. Mais, il avait l’idée de faire une collaboration d’une chanson française-ukrainienne, parce que jusqu’à ce moment-là, ils avaient seulement écrit des chansons en ukrainien. Et puis là, je ne sais pas, ils avaient décidé de changer les choses pour élaborer un peu leur projet.
« Donc là, il m’a contacté et m’a dit : est-ce que ça te tenterait de faire une collaboration? J’étais un peu surprise. J’ai écouté leur musique et j’étais vraiment impressionnée. Ça m’a beaucoup intéressée, c’était comme un autre défi pour moi. »
En français et en ukrainien
Andriy Michalchyshyn, l’un des sept membres du groupe, explique qu’il avait déjà vu Flora Luna performer sur scène avant de lui écrire.
« C’était un peu une coïncidence, mais oui, je connaissais Flora Luna avant de contacter Geneviève. Pour cette chanson, je cherchais une chanteuse francophone qui connaissait bien la musique folk. J’avais déjà vu Geneviève se produire avec son frère au Festival du Voayageur, et je me souviens avoir été frappé par la puissance de sa voix », souligne le parolier du groupe.
Katya est une chanson en ukrainien et en français. Andriy Michalchyshyn parle de la motiviation du groupe à se rapprocher de la langue française.
« Cela faisait quelques années que je pensais à faire quelques chansons multilingues. Cela me semblait être une extension naturelle de ce que nous faisions. J’ai toujours aimé la langue française, même si je ne la parle pas couramment.
« J’écoute beaucoup de musique française et je me souviens que j’écoutais l’un de mes albums préférés, celui d’un groupe appelé Barde (1), et les chansons françaises qu’ils chantaient évoquaient une atmosphère mystique et médiévale que Katya semblait également posséder. La musique et la mélodie me rappelaient certaines chansons traditionnelles françaises que j’avais entendues et j’ai tout de suite su que cela fonctionnerait. »
Même si c’était un défi de faire la chanson dans les deux langues, Geneviève Freynet évoque un véritable échange culturel.
« On s’est assis avec Andriy, et on s’est enseigné comment bien prononcer les mots, moi en ukrainien, et lui en français. On a vraiment eu beaucoup de plaisir à faire ça, à juste apprendre un peu les langues des autres. »
« J’ai beaucoup appris d’elle, cela a été très enrichissant. Et, j’ai la chair de poule quand je l’entends chanter avec Mikhas (ndlr : Mikhas Chabluk, chanteur). Parfois, les choses fonctionnent tout simplement », ajoute Andriy Michalchyshyn.
Déjà une autre chanson prévue
Katya est une chanson d’amour. Geneviève Freynet en dit plus sur le thème de cette pièce.
« C’est une chanson qui est nostalgique, qui parle d’une relation amoureuse où l’on est séparé de l’autre. Puis, on ne va pas savoir si on aura jamais la chance de se revoir.
« C’est à propos de cette tâche difficile de devoir accepter le fait qu’on ne sait pas si on va jamais revoir cette personne-là.
« Et puis, c’est quand même une chanson qui est propice pour aujourd’hui, parce que je pense beaucoup à tous les couples qui sont séparés à cause de la guerre en Ukraine, puis ils ne savent vraiment pas s’ils ne vont jamais se revoir.
« Puis à la fin de la chanson, on accepte finalement que cet amour n’est qu’un souvenir d’autrefois, dans le fond. »
Entre les deux artistes, il semble que la collaboration ne va pas s’arrêter là. Andriy Michalchyshyn confie avoir déjà enregistré une autre chanson avec Flora Luna, intitulé Insomnie qui sera aussi interpretée pendant le festival.
« C’est une chanson formidable, dans laquelle Genevieve occupe le devant de la scène. Zrada est juste là pour amplifier sa voix et sa présence. Ses paroles et sa sensibilité musicale sont similaires aux miennes, et nous semblons tous deux réfléchir à des choses similaires lorsque nous écrivons de la musique.
« Je pense que d’autres projets verront le jour, mais pour l’instant, je suis très reconnaissant du résultat obtenu avec Katya et de la sortie prochaine d’Insomnie ».
Zrada sera en concert dans la Cabane à sucre 𝘊𝘢𝘪𝘴𝘴𝘦 𝘈𝘴𝘴𝘪𝘯𝘪𝘣𝘰𝘪𝘯𝘦 de 22h45 à 23h45, ce 13 février.
Flora Luna aura une performance en solo au festival. Ça sera le 15 février dans la Tente Forest de 14h45 à 15h30.
(1) Barde est groupe de musique folk/celtique originaire de Montréal qui a publié trois albums dans les années 1970 et 1980.

