Organisme à but non lucratif unique en son genre au Manitoba, le centre lance en février sa sixième collecte de fonds artistique annuelle, un évènement devenu incontournable pour assurer la pérennité de ses activités.
« Nous sommes un organisme charitable, donc faire des levées de fonds, c’est notre réalité », résume Zoé Nakata, directrice générale du Wildlife Haven Rehabilitation Centre depuis près de huit ans.
La collecte, qui se déroule entièrement en ligne du 13 au 22 février 2026, vise à amasser entre 25 000 $ et 30 000 $, des fonds qui serviront directement aux soins médicaux des animaux actuellement hospitalisés.
Un centre essentiel à l’échelle provinciale
Fondé en 1984 par un groupe de passionnés de la faune, le Wildlife Haven Rehabilitation Centre est né d’un constat simple : aucune structure spécialisée n’existait pour soigner les animaux sauvages blessés, souvent à la suite d’activités humaines.
« La majorité des cas qu’on voit ici, environ 93 à 96 %, sont liés à des actions humaines », explique Zoé Nakata, évoquant les collisions routières, les fils électriques ou encore la perte d’habitat.
42 ans plus tard, l’organisme accueille des animaux de toute la province du Manitoba.
Des animaux provenant de Churchill, Thompson, Brandon ou Piney sont acheminés vers le centre grâce à un réseau de bénévoles dédiés.
« On fait le traitement ici et on les retourne ensuite en nature », précise la directrice Zoé Nakata.
L’évolution du Wildlife Haven est particulièrement marquée au cours de la dernière décennie.
Installé à Île-des-Chênes depuis environ 20 ans, le centre a inauguré il y a sept ans un tout nouveau campus, doté d’infrastructures modernes. Six ans plus tard, l’ouverture d’un hôpital vétérinaire sur place a constitué un tournant majeur.
« On est le seul hôpital vétérinaire d’animaux sauvages dans la province du Manitoba », souligne Zoé Nakata avec fierté.
Cette installation permet désormais d’effectuer des interventions complexes : chirurgies orthopédiques, traitements spécialisés et même l’extraction de projectiles de chasse.
Grâce à cette expansion, le Wildlife Haven peut aujourd’hui accueillir entre 2 500 et 3 000 animaux par an.
En plein été, période de pointe marquée par la naissance des petits et l’activité accrue de la faune, le site peut héberger plus de 300 animaux simultanément.
« Au mois de juillet, on peut avoir au-delà de 300 animaux sur notre campus à un moment donné », indique la directrice.
Le centre peut compter sur une équipe permanente d’environ 15 employés, appuyée par une centaine de bénévoles et jusqu’à 20 étudiants embauchés durant l’été.
Cette croissance se reflète également dans les finances : le budget annuel est passé d’environ 250 000 $ en 2018 à entre 1,1 et 1,3 million $ aujourd’hui.
« C’est parce que le besoin est là », insiste Zoé Nakata.
L’art au service de la faune
Dans ce contexte, la collecte artistique annuelle joue un rôle crucial. Lancée pendant la pandémie, alors que les rassemblements étaient impossibles, l’initiative a rapidement trouvé son public.
« On adore voir les morceaux d’art uniques qui rentrent et les gens qui sont si fiers de nous appuyer », confie la directrice.
Cette année, plus de 150 œuvres originales sont proposées : peintures, photographies, sculptures, créations abstraites ou figuratives. Des artistes manitobains reconnus, comme Kal Barteski, JD Hawk ou Carol Whitcomb, ont répondu présents.
« Il y a quelque chose pour chaque budget », assure Zoé Nakata.
Fait insolite, certains artistes ont quatre pattes ou des plumes.
Les animaux ambassadeurs du centre, des pensionnaires permanents ne pouvant retourner en nature, participent eux aussi à la création d’œuvres, en marchant sur de la peinture avant de laisser leurs empreintes sur papier.
Les sommes récoltées serviront à financer des soins médicaux souvent comparables, en coût, à ceux prodigués aux animaux domestiques.
« Quand on amène un chien ou un chat chez le vétérinaire pour une chirurgie, ça peut coûter 1 000 $. Ici, les coûts sont pareils, sauf qu’il faut aller chercher chaque dollar », explique Zoé Nakata.
Cet hiver, le centre soigne notamment des loutres, un pélican, plusieurs rapaces, et pour la première fois un bébé lynx, tous nécessitant des traitements complexes et parfois de longue durée.
Regarder vers l’avenir
Au-delà de la collecte artistique, le Wildlife Haven multiplie les initiatives, comme le « baby shower » printanier pour les bébés animaux, afin de sensibiliser et d’impliquer la communauté.
« On met en ligne la liste de tous les items dont on a besoin, les gens achètent puis viennent donner leurs cadeaux pour les bébés animaux. C’est un évènement qui est vraiment le fun. C’est une bonne façon d’impliquer les enfants. On a chacun un rôle à jouer dans la protection des animaux sauvages », rappelle la directrice Zoé Nakata.
Pour participer à la collecte de fond du 13 au 22 février 2026, se rendre sur le site internet du centre.


