Pensé comme une porte d’entrée vers un monde parfois perçu comme lointain, l’atelier ouvert dès 12 ans, vise à démystifier le lieu, et la recherche.
« L’objectif, c’est vraiment de démystifier le processus de recherche en archives pour quelqu’un qui n’a aucune expérience dans le domaine », explique Émilie Pigeon, directrice générale de la SHSB depuis 2024.
L’atelier Ouvrons les boîtes : initiation aux archives pour tous, propose une initiation aux méthodes de recherche historique, afin d’apprendre comment formuler des questions, la façon d’interroger un document, d’organiser ses données et de passer de la source primaire à l’analyse.
« Ce que je vais montrer, c’est vraiment la méthode historique de recherche en archives pour un grand public. Sans grands mots, mais avec toutes les bonnes bases nécessaires », précise-t-elle.
Ouvrir les portes
Si les archives sont souvent associées au monde universitaire, Émilie Pigeon souhaite justement briser cette image, notamment car elle constate que la majorité des personnes qui viennent à la SHSB sont des chercheurs, des professionnels ou des étudiants aux cycles supérieurs.
« C’est plutôt rare d’avoir des gens qui n’ont aucune connaissance. Et pourtant, l’histoire et les archives concernent tout le monde », souligne-t-elle.
Si les archives sont un lieu encadré de règles, nécessaires à la protection des documents, elles n’en demeurent pas moins un espace vivant, essentiel aux communautés, où peuvent naître des curiosités, des prises de conscience et parfois même de véritables vocations.
« Je crois qu’on peut attraper la piqûre de l’histoire très tôt. Si quelqu’un peut lire le français couramment, il ou elle est invité·e à venir apprendre ce que ça implique », assure la directrice générale.
Derrière cette volonté, il y a celle d’assurer une relève, mais aussi permettre à chacun de développer une autonomie face aux questions historiques qui l’interpellent.
« Quand les gens se posent des questions de nature historique, on veut qu’ils soient confiants dans leur capacité de trouver les réponses eux-mêmes. Ça, pour moi, ça fait partie de la démocratisation du savoir. »
Les archives de la SHSB, qui comptent plus de 700 fonds et collections, couvrent un vaste éventail de thématiques liées au territoire, au passé franco-manitobain, et aux communautés qui le composent.
La recherche dans les documents d’archives peut être articulée aussi bien dans une démarche académique que dans une recherche autant personnelle qu’identitaire, ou même juste d’en apprendre plus sur l’histoire du Manitoba.
« Dans l’étude de l’histoire, on se rend compte qu’il y a toujours un peu de nous-mêmes, ça et là, à travers différents fonds d’archives », observe Émilie Pigeon.
Au service de la communauté
Les archives deviennent parfois un outil pour se situer, se raconter et parfois même apaiser des tensions intrafamiliales.
C’est un aspect que la directrice générale connaît assez bien, elle se souvient d’un visiteur venu résoudre une vieille chicane familiale autour de la propriété d’un bureau de poste au 19e siècle.
« Il y avait un débat historique sur qui était le propriétaire d’un bureau de poste au 19e siècle, et sur qui l’avait vendu ou acheté plus tard. En faisant quelques recherches historiques, j’ai pu résoudre le mystère.
« À la fin, on a changé des câlins, parce que c’était une question qui le chicotait depuis longtemps. »
L’atelier du 24 février s’inscrit aussi dans la mission de service public de la SHSB. En étant gratuit et volontaire- ment limité à une vingtaine de participants, l’atelier se veut interactif et accessible.
À plus long terme, la SHSB envisage déjà de reproduire l’expérience en présentiel, possiblement à distance, et éventuellement dans une version anglophone.
Comme elle l’explique : « C’est une première tentative. On va voir comment peaufiner l’expérience, puis la répéter ».
« Faire de la recherche, ce n’est pas réservé à une élite. Avec une bonne introduction, on peut tous devenir, à notre façon, des historiens à temps perdu », conclut la directrice générale.
(1) Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 21 février sur le site de la SHSB. L’atelier aura lieu le 24 février dans la salle de consultation.


