Pour la deuxième année consécutive, un concours de slam en français y sera présenté, dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie.

Derrière cet évènement, on retrouve Sébastien Gaillard, directeur général de la Maison Gabrielle-Roy et slameur, qui œuvre depuis plusieurs années à faire émerger cette discipline au sein de la francophonie manitobaine.

« L’année passée, malgré une tempête de neige mémorable, on a eu 15 slameur·euse·s et environ 60 personnes dans le public. On n’y croyait pas, mais ça a fonctionné », se souvient Sébastien Gaillard.

Fort de ce succès lors de la première édition tenue à la Maison des artistes visuels francophones, le concours prend cette année de l’ampleur en investissant la scène du CCFM.

Un « acte littéraire » accueilli dans la bienveillance

Mais au-delà du concours, c’est bien le slam comme pratique artistique et sociale que souhaite défendre l’organisateur et slammestre.

Pour lui, le slam est avant tout « un acte littéraire » : « Tu écris personnellement, et quand tu es content de ton texte, tu le partages à un public », dit-il.

Loin de l’improvisation ou de la performance musicale souvent associée à tort au genre, le slam repose sur un texte écrit, interprété sans musique ni artifice.

Et c’est ce dépouillement qui fait sa force. « Il n’y a pas d’écran, pas d’interface. C’est comme à l’ancienne : des êtres humains qui s’écoutent », insiste Sébastien Gaillard.

Chaque participant dispose de trois minutes pour dire un texte de son cru, qu’il soit lu, récité ou partiellement mémorisé.

Un jury attribuera des notes, mais c’est le public qui sera le véritable acteur de la soirée.

En effet, les notes, les huées devant le verdict des jurés et les applaudissements participent au spectacle, le tout dans une ambiance volontairement ludique et bienveillante.

Pour cette deuxième édition, une nouveauté est introduite en plus du lieu où se déroulera le concours : la distinction en deux catégories, l’une pour les nouveaux participants, l’autre pour les slameurs et slameuses plus expérimentés.

Une façon de rendre l’expérience plus juste et moins intimidante.

« On est dans la bienveillance. Tout le monde est applaudi, encouragé », assure l’organisateur.

Pour Sébastien Gaillard, l’enjeu demeure symbolique : il s’agit de créer une communion autour de la parole. « On ne veut pas créer des stars. On veut que ce soit le public qui gagne, grâce à la poésie », résume-t-il.

Une émotion brute et partagée

S’il parle du slam avec autant de ferveur, c’est aussi parce que l’émotion qu’il génère le fait encore vibrer.

« Quand tu entends quelqu’un lire son texte, ça te bouleverse, ça te chavire », confie Sébastien Gaillard.

Il évoque des soirées où rires et larmes se côtoient, où des textes très simples touchent parfois davantage que des écritures savantes. Cette sincérité, il la voit comme une nécessité contemporaine.

« C’est vital pour un être humain de s’exprimer », lance-t-il.

Gratuit et ouvert à tous dès l’âge de 12 ans, le concours, organisé en collaboration avec l’Association des auteur·es du Manitoba français (AAMF) et le CCFM, se veut résolument inclusif.

« Le slam permet de mélanger les publics. Il faut décloisonner la francophonie  », observe-t-il.

Son souhait : que le slam devienne une passerelle réelle entre les communautés.

À ceux qui hésitent à franchir la porte du CCFM le 19 mars, le message de Sébastien Gaillard est simple : « Viens passer une bonne soirée. Si tu as des préjugés, mets-les dans ta poche », conclut-il en toute simplicité.

Les inscriptions ont lieu jusqu’au 12 mars 2026.

Le concours se déroulera au CCFM le 19 mars 2026 à partir de 18h30.