La Régie des services publics (RSP) du Manitoba a approuvé le 19 mars dernier la demande d’Hydro Manitoba d’augmenter ses tarifs d’électricité, une décision qui officialisait les nouveaux tarifs appliqués depuis début février.

À la suite de cette augmentation, le client résidentiel moyen qui chauffe son logement à l’électricité devrait voir sa facture électrique augmenter d’environ 8,05 $ par mois.

Selon un communiqué de presse de la RSP concernant cette décision, Hydro Manitoba avait subi d’énormes pertes financières principalement causées par une sécheresse persistante, « les débits d’eau de 2025 s’approchant des deuxièmes niveaux les plus bas enregistrés en 112 ans ».

Au moment de l’audience concernant cette décision en novembre dernier, la société prévoyait des pertes financières de 409 millions $ pour l’année 2025-26, une baisse de plus de 600 millions $ comparé aux prévisions financières de début 2025.

« Il manque d’eau dans les barrages, dit Raymond Clément, économiste à la retraite. Quand le niveau d’eau est plus bas, il y a moins d’électricité qui peut se créer. »

Il ajoute que la sécheresse observée ces dernières années a également affecté les marchés hydroélectriques du Québec et de la Colombie-Britannique.

Les ventes d’hydroélectricité ont été modestes, et les exportations ont dû être réduites afin de donner la priorité aux consommateurs locaux.

Mais puisque 97 % de l’électricité produite dans la province provient de sources hydroélectriques, Hydro Manitoba doit continuer à répondre à la demande malgré les difficultés liées à la sécheresse.

« Pour le client ordinaire, ce n’est pas intéressant, ajoute-t-il. Avec la hausse des prix d’énergie qui arrivent avec la guerre en Iran et les hausses sur les impôts de propriété que la Ville perçoit, il y a des hausses importantes. »

Des défis en matière d’infrastructures

Raymond Clément reste critique à l’égard d’Hydro Manitoba et de la manière dont la société a géré les grands projets de barrages ces dernières années.

« Le dernier barrage a été très coûteux et a fait augmenter la dette pas mal rapidement. »

La dette d’Hydro Manitoba, qui s’élève à 25,34 milliards $, génère également des intérêts qui s’accumulent rapidement, mettant plus de pression sur la situation financière de la société.

« Notre réseau est vieillissant aussi. Ça, c’est un autre problème. On a maintenu nos tarifs trop bas et on n’a pas mis notre réseau à jour. »

Il ajoute qu’il espère qu’Hydro Manitoba trouvera également d’autres moyens de réduire ses coûts et d’augmenter ses recettes, sans se contenter de miser uniquement sur cette hausse des tarifs approuvée pour les deux prochaines années.

« Ceci dit, on a les deuxièmes plus bas taux au Canada. Après le Québec, c’est presque les prix les plus bas au monde. »

Initiative de journalisme local