Le Premier ministre canadien Mark Carney a insisté jeudi à New York sur l’importance stratégique pour son pays et les Etats-Unis de leurs échanges commerciaux, alors que d’importances négociations bilatérales sont au point mort.

“Soyons très clairs : un Canada fort contribuera à rendre à l’Amérique sa grandeur”, a déclaré le leader canadien, reprenant le slogan préféré de Donald Trump lors d’un discours devant des investisseurs réunis à l’Economic Club de New York.

Washington et Ottawa doivent tenir prochainement des discussions bilatérales pour la révision de l’accord de libre-échange nord-américain (ACEUM). Mais les discussions sont au point mort depuis des mois, illustration des fortes tensions entre les deux pays depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.

Le président américain, qui s’érige en champion du protectionnisme, a imposé des droits de douane punitifs sur des secteurs clés de l’économie canadienne. Mais il a jusqu’à présent respecté l’essentiel du traité de libre-échange, laissant plus de 85 % des échanges entre les deux pays exempts de droits de douane.

“Nous devrions travailler ensemble et affronter ensemble la compétition mondiale”, a insisté Mark Carney, affirmant avoir d’ores et déjà “soumis des propositions concrètes et pratiques à l’administration américaine”.

“Sur l’automobile, le Canada est de loin le plus grand client de l’Amérique, et un marché nord-américain intégré pour la production est la meilleure façon – et la plus durable – d’affronter une concurrence mondiale intense”, a-t-il notamment argué.

“Sur les minéraux critiques, avec nos ressources en potasse, nickel, cuivre, uranium, lithium, cobalt et bien d’autres, le Canada peut être le fournisseur le plus fiable dont l’Amérique a besoin”, a encore dit le Premier ministre canadien.

Alors que les négociations commerciales Washington-Ottawa sur l’Aceum n’ont pas commencé, elles ont officiellement démarré mercredi entre les Etats-Unis et le Mexique.

Le mois dernier, le représentant adjoint au Commerce des Etats-Unis, Rick Switzer, avait accusé M. Carney de se comporter de manière “condescendante” et laissait son “ego” l’empêcher d’agir dans l’intérêt supérieur de son pays.

“Je dirais qu’il n’y a pas un seul adulte aux commandes au Canada”, avait-il ajouté.

Mark Carney achève jeudi un séjour de deux jours à New York, où l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre est venu rencontrer des investisseurs américains pour les convaincre d’investir dans le pays.

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