Le gouvernement canadien de Mark Carney est sous pression, notamment de l’opposition conservatrice, à la suite de l’annonce vendredi de l’entrée du pays en récession technique, après deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut (PIB).

“Le Canada est le seul pays du G7 en récession”, a fustigé lundi Pierre Poilievre, le chef du Parti conservateur du Canada avant de critiquer l’absence de réaction publique du Premier ministre depuis la publication des chiffres. “Ce n’est pas du leadership, après avoir promis l’économie la plus forte”, a-t-il ajouté.

En taux annualisé, le PIB réel du Canada a diminué de 0,1 % au premier trimestre de 2026 alors que les experts de la Banque du Canada s’attendaient plutôt à une croissance de 1,5 %.

Et par ailleurs, Statistiques Canada, l’agence publique chargée des données économiques, a révisé à la baisse le chiffre du PIB du quatrième trimestre de 2025, qui a reculé de 1 %.

Le Canada n’a pas connu de récession technique depuis le début de la pandémie de COVID-19 en 2020. Avant cela, le pays en avait traversé une autre en 2015, lors de l’effondrement des prix du pétrole.

Après avoir largement résisté pendant plus d’un an aux effets des droits de douane américains, l’économie canadienne en subit désormais les contrecoups : investissements en berne, dépenses en recul et pressions inflationnistes.

Par ailleurs, le marché du travail canadien a accusé une perte nette de 112 000 emplois au cours des quatre premiers mois de 2026, du jamais vu depuis la pandémie.

La prochaine révision de l’accord de libre-échange nord-américain, que Donald Trump rêve de réviser totalement, vient alourdir encore davantage un contexte déjà fragile.

“La consommation des biens s’est avérée quelque peu décevante, en partie en raison de la faiblesse des achats effectués à l’étranger et d’un boycott des voyages aux États-Unis par les Canadiens”, soulignent Matthieu Arseneau et Alexandra Ducharme de la Banque nationale du Canada (BNC) dans une note.

En dépit de cette entrée en récession technique, sur fond de tensions commerciales avec les États-Unis, les experts soulignent que la contraction au premier trimestre reste faible.

En outre, “il est important de garder à l’esprit que le PIB est freiné par la démographie”, affirment les économistes de la BNC, ajoutant qu’il “a affiché une hausse respectable de 0,9 % par habitant, indiquant que ces inquiétudes sont pour l’instant exagérées.”

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