En annonçant le maintien de son taux pour la cinquième fois consécutive, la Banque du Canada a souligné que le conflit au Moyen-Orient “pèse sur la croissance économique mondiale et fait grimper l’inflation”.
Le gouverneur de la banque centrale canadienne, Tiff Macklem, a relevé un “dilemme pour la politique monétaire” du fait de cette combinaison de faiblesse économique et de hausse de l’inflation.
“Pour l’heure, peu d’éléments indiquent que la hausse des prix de l’énergie se répercute de manière généralisée sur les autres prix à la consommation”, a affirmé la Banque du Canada.
Comme lors de la dernière révision de son taux directeur, en avril, la banque centrale a réaffirmé sa volonté “d’observer” l’évolution de l’inflation à court terme avant de procéder à un éventuel ajustement.
Ce nouveau maintien du taux directeur intervient après l’entrée du Canada en récession technique, le 29 mai, après deux trimestres consécutifs de recul de son produit intérieur brut (PIB).
Tiff Macklem a affirmé cependant que “l’économie n’est pas clairement en récession”, en dépit de sa faiblesse.
Si la Banque du Canada estime que la croissance devrait être de retour en 2026, elle reste prudente, notamment du fait des tensions commerciales avec les Etats-Unis.
“L’administration américaine continue de proposer de nouveaux droits de douane et l’incertitude quant à la politique commerciale reste élevée”, a noté la banque centrale.
“Je pense que les entreprises commencent à comprendre que notre relation commerciale avec les Etats-Unis a changé”, a déclaré le gouverneur de l’institution.
Le Canada a demandé aux Etats-Unis le renouvellement pour 16 ans de l’accord de libre-échange nord-américain, qui doit prochainement être renégocié mais dont Donald Trump remet régulièrement en cause la pertinence.
Cet accord est vital pour le Canada, les Etats-Unis étant son principal partenaire commercial et la destination de 75 % de ses exportations.
Andrew Grantham, économiste de la banque CIBC, a dit percevoir “une banque centrale très patiente, qui a tout le temps de voir comment les risques pesant sur l’économie vont évoluer”.
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