La banque centrale du Canada a maintenu mercredi son taux directeur à 2,25 % pour la septième fois consécutive mais a mis en garde contre les conséquences à attendre de l’escalade du conflit commercial avec les Etats-Unis.
Les “nouveaux droits de douane rendent les perspectives de croissance plus incertaines” tandis que “les risques à la hausse entourant l’inflation ont augmenté”, a-t-elle expliqué.
Ce nouveau maintien du taux directeur intervient après un fort rebond de l’économie qui a été portée au deuxième trimestre par les exportations.
En rythme annualisé, le Produit intérieur brut (PIB) du Canada a progressé de 3,3 % sur la période, après deux trimestres difficiles.
Toutefois, “la durabilité de ce rebond est incertaine en raison des nouvelles mesures commerciales américaines”, a déclaré mercredi le gouverneur de la banque centrale, Tiff Macklem, cité dans le communiqué de l’institution.
La décision du Premier ministre Mark Carney de rompre les négociations commerciales avec Donald Trump, le 21 août, a conduit à l’entrée en vigueur le lendemain de nouvelles surtaxes ciblant le Canada.
Ottawa a riposté avec des contre-mesures devant être effectives le 8 septembre.
Le pari du Canada de tenir tête au président américain pourrait s’avérer risqué économiquement à moyen terme, selon les analystes, alors que les Etats-Unis sont, de très loin, le premier partenaire commercial du pays.
“Si les droits de douane restent en place, ils vont porter un dur coup aux secteurs visés” qui “représentent environ 5 % des exportations vers les Etats-Unis”, précise la Banque du Canada.
L’inflation a pour sa part atteint 3 % en juillet, portée par la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient.
L’escalade commerciale avec les Etats-Unis pourrait également “faire augmenter les coûts de certaines entreprises et se répercuter sur les prix à la consommation avec le temps”, a mis en garde Tiff Macklem.
La prochaine publication du taux directeur par la banque centrale est prévue le 28 octobre.
fa/mg/jco
