Avec des informations de Hugo BEAUCAMP

L’an dernier, le conseil d’administration (CA) de la SFM est passé de 22 à 9 membres. Pour Derrek Bentley, président de l’organisme, ce changement a métamorphosé la dynamique décisionnelle.

Aujourd’hui, avec seulement 9 sièges, l’engagement de chacun est indispensable : « le CA a joué un plus grand rôle dans tous les dossiers ».

Afin de maintenir la représentativité de la communauté, les voix des différents organismes ont été transférées au nouveau Comité consultatif des affaires politiques et stratégiques (CCAPS) qui a notamment pour mandat d’alimenter la réflexion stratégique des décideurs de la Société. 

Cap sur mars 2027 pour un Manitoba bilingue

Outre cette transition interne, la SFM s’est pleinement investie dans le projet provincial d’un Manitoba véritablement bilingue.

Derrek Bentley rappelle que le gouvernement prévoit de lancer son plan d’action stratégique en mars 2027.

Face à cette échéance, la SFM a adopté une approche proactive : « on va créer nos propres mémoires, encourager des organismes de créer leurs mémoires » pour travailler en parallèle du gouvernement.

L’objectif est de présenter les cibles de la communauté francophone afin de pouvoir ensuite comparer ces attentes avec le plan officiel de la province et identifier d’éventuels « manques à gagner ».

Les grandes lignes de ces propositions seront dévoilées lors de l’AGA.

Un nouveau responsable du Secrétariat et de la Trésorerie

Si l’AGA réserve une élection pour les postes d’administrateurs, celui du Secrétariat et de la trésorerie est déjà pourvu.

Seul candidat en lice, Frédéric Mirindi succédera à Suzanne Chrispin, qui a complété un mandat de un an. 

Arrivé de Belgique en 2022, ce doctorant de 32 ans a rapidement tissé des liens forts au Manitoba, aidé à ses débuts par l’Accueil francophone et le CDEM.

Très actif sur le terrain, il donne bénévolement des cours de français en ligne à des enfants. 

Frédéric Mirindi souhaite mettre ce solide bagage à profit de la SFM pour assurer une gouvernance « rigoureuse, transparente, mais aussi respectueuse de membres » au sein de l’organisme.

Pour lui, rejoindre la SFM est une évidence, car la mission de l’organisme, notamment « la défense des droits linguistiques et l’accès à des services en français », rejoint profondément son propre parcours.

Trois candidats pour deux postes d’administrateurs

L’un des enjeux de cette prochaine AGA résidera dans l’élection de deux administrateurs. Danèle Déquier, Beydi Traoré et Dolly Tsilaosana sont les trois candidats en lice.

Résidente de Sainte-Anne, Danèle Déquier, ancienne enseignante et ex-présidente du Conseil jeunesse provincial (CJP) veut veux « avoir un impact positif sur la vitalité de la francophonie au Manitoba » et faire entendre la voix des régions.

« J’ai habité au rural toute ma vie, alors les communautés d’expression française au rural, tout notre patrimoine et notre héritage sont riches et continuer d’inclure ces communautés-là dans les initiatives de la SFM. »

Elle se présente comme une personne de « très passionnée, très dévouée » avec l’« envie de m’impliquer et de faire une différence positive ».

Arrivé au Manitoba comme étudiant international, Beydi Traoré souhaite lui rendre ce qu’il a reçu.

« Je veux vraiment redonner à la communauté. Cette communauté m’a accueilli lorsque je suis arrivé en tant qu’étudiant international. J’ai grandi dans cette communauté. Je me suis ouvert à cette communauté et cette communauté s’est ouverte à moi aussi. »

En fin de mandat au CA du Festival du Voyageur, il voit la SFM comme un « des organismes charnières, des organismes clés de la francophonie manitobaine. »

La perspective d’une province bilingue le motive particulièrement : « Ce projet est très important parce qu’il pourra aider les personnes comme moi qui sont arrivées et qui avaient besoin d’aide pour pouvoir justement rentrer ou s’acclimater un peu à la communauté ».

Dolly Tsilaosana misera quant à elle sur la continuité. Élue l’an dernier pour un mandat d’un an, elle sollicite le renouvellement de cette confiance.

Arrivée de Madagascar il y a neuf ans, elle considère son implication comme une évidence.

« Si l’on est au Manitoba aujourd’hui, c’est grâce à l’immigration francophone du gouvernement du Manitoba. Donc c’est logique et c’est tellement naturel que je me tourne maintenant vers la SFM parce que j’ai moi-même bénéficié de ça avec toute ma famille. »

Elle se dit prête à s’investir à nouveau dans la SFM, « une très grande institution qu’il faut préserver », souligne-t-elle.

« Il faut que tout le monde appuie la SFM pour qu’elle puisse appuyer les autres communautés francophones », ajoute-t-elle. 

Les administrateurs élus le seront pour un mandant de trois ans.

Les membres de la SFM se rencontreront le 22 septembre à 17 h 30 en personne dans la Salle Jean-Paul-Aubry du CCFM et aussi en ligne sur Teams.