La Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) a lancé une édition spéciale du Baromètre jeunesse consacrée à l’engagement citoyen des jeunes d’expression française âgés de 14 à 25 ans vivant en situation minoritaire.
Le sondage, prolongé de deux semaines pour maximiser la participation, sera accessible jusqu’au 16 octobre.
Ce virage découle directement du Baromètre jeunesse 2025, qui recommandait notamment de faciliter l’engagement citoyen des jeunes et de poursuivre la collecte de données probantes.
Plutôt que de poser des questions très larges, l’organisme entend désormais creuser un enjeu précis à chaque édition.
« Cette année, on a réalisé vraiment un besoin criant de nos membres par rapport à où trouver, comment s’impliquer, comment bien s’impliquer, comment les jeunes passent du réseau associatif jeunesse au réseau associatif adulte.
« On cherchait à avoir des données plus précises là-dessus pour pouvoir non seulement appuyer nos organismes membres, mais aussi nos organismes collègues », explique Emma Raphaelle, présidente de la FJCF depuis quelques semaines.
Selon elle, les obstacles à l’engagement sont connus.
« Les ressources et le financement, c’est toujours un enjeu, peu importe que ce soit jeunesse ou adulte. Et nos provinces et nos territoires sont très vastes, donc parfois c’est difficile de voir comment on peut aller chercher le plus de représentation possible de partout. » Emma Raphaelle, présidente de la FJCF.
Emma Raphaelle, qui a siégé au conseil d’administration de la FJCF il y a trois ans après avoir présidé son organisme jeunesse au Nouveau-Brunswick, reconnaît avoir elle-même hésité avant de s’engager.
« Au début, ça peut sembler assez épeurant. Ça prend des gens qui te poussent, qui te côtoient et qui t’appuient. Mais ces gens-là, ils ont besoin de ressources, puis on a besoin que nos organismes fonctionnent.
« La formation de la jeunesse est quelque chose qui est très important pour nous à la FJCF. Et justement, avec les réponses du baromètre, on souhaite un peu cibler quel genre de formation l’on peut offrir à notre jeunesse, quel genre de ressources l’on peut créer pour les appuyer à jouer ces rôles-là qui sont très importants dans les communautés partout au Canada. »
Ce questionnement sur la démocratie intervient alors que Statistique Canada publiait il y a quelques jours une étude intitulée Prendre le pouls : perception de la démocratie au Canada.
Menée entre 2022 et 2024, l’étude examine la perception de la démocratie et l’engagement civique au sein de la population canadienne de 15 ans et plus.
L’analyse révèle que 71 % des Canadiens de 15 ans et plus se disent peu ou plutôt optimistes quant au fonctionnement de la démocratie, 12 % très optimistes et 17 % pas du tout.
Fait notable, les 15 à 24 ans font exception parmi les jeunes générations : ce sont plutôt les 25 à 34 ans, dont 24 % se disent pas du tout optimistes, qui affichent le plus grand scepticisme.
Surtout, les moins optimistes ne se désengagent pas : 57 % d’entre eux ont participé à au moins une activité politique en douze mois, contre 44 % des autres, qu’il s’agisse de signer une pétition, de s’informer ou de boycotter des produits pour des raisons éthiques.
Interrogée sur cette étude, Emma Raphaelle livre un constat nuancé : « Ça dépend vraiment des jeunes auxquels l’on parle. Ceux qui sont impliqués, parfois ça devient difficile d’être optimiste parce que l’on compte plusieurs problèmes.
« Donc, quand tu es tout le temps dans la défense ou la représentation, parfois ça peut être difficile.
« En revanche, ceux qui voient le travail qu’on fait sont certainement beaucoup plus optimistes parce qu’ils bénéficient de ce qui se passe. »
Elle se dit pour sa part résolument confiante : « Je pense que c’est très important de pouvoir croire en notre démocratie, mais aussi de pouvoir travailler sur la démocratie. La démocratie, ce n’est pas quelque chose qui est juste atteint, c’est quelque chose qui est tout le temps en continuité de travail. On existe pour représenter la voix des jeunes francophones en situation minoritaire. Sans nous, il n’y a pas de démocratie, mais sans tous les gens, il n’y a pas de démocratie. »

