Il veut notamment renforcer l’engagement civique et donner davantage de place aux jeunes et aux différentes communautés dans la prise de décisions municipales.

Christopher Clacio fait ses premiers pas en politique municipale en 2014, alors qu’il se présente comme commissaire scolaire dans Seven Oaks.

Quatre ans plus tard, il tente pour la première fois de se lancer dans la course à la mairie, sans parvenir à recueillir les 250 signatures nécessaires pour faire inscrire son nom sur le bulletin.

En 2022, il est cette fois officiellement candidat à la mairie.

Persévérance

Une persévérance qui remonte à une promesse faite en 2014 : être candidat à chaque élection jusqu’en 2030.

« En grandissant, je sentais que les jeunes n’étaient pas particulièrement pris en compte lors des décisions politiques. »

C’est ce qui l’a poussé à s’intéresser davantage à la politique. Il s’est donc inscrit en sciences politiques à l’université et a débuté une campagne électorale.

Cette même année, en 2014, il a fait la promesse qu’il allait être candidat à chaque élection jusqu’en 2030, un engagement qu’il compte bien tenir.

Cependant, rien n’est joué pour Christopher Clacio.

Aux dernières élections, en 2022, il n’a récolté que 0,23 % des voix.

Il ne nie pas ce faible score, mais continue de penser qu’il a encore intérêt à mettre son nom sur le bulletin de vote.

« J’ai beaucoup appris de ces dernières campagnes et quelque chose d’important a changé depuis. En 2022, il y avait plusieurs candidats progressistes bien connus qui s’étaient présentés. Aux prochaines élections, il n’y aura plus ces candidats progressistes. »

Selon lui, son expérience académique lui donne également un avantage face aux autres candidats à la mairie.

« Plusieurs des candidats sont des personnes qu’on ne s’attendrait pas à voir sur la ligne de départ, peu familiers avec la politique. Pour moi, c’est un sujet que j’ai bien étudié, c’est un chemin de carrière que j’ai tracé. »

Du militantisme aux politiques municipales

Pour cette campagne, Christopher Clacio fait de l’engagement civique l’un des principaux axes de son programme.

Il souhaite notamment revoir le fonctionnement de l’hôtel de ville afin d’accroître la participation des citoyens et la transparence des décisions.

Il propose aussi de moderniser l’administration et la gestion financière de la Ville, tout en accordant une place importante aux infrastructures.

Christopher Clacio se définit comme un militant et un activiste de longue date.

Il affirme avoir beaucoup milité pour les services aux enfants et à la famille.

Il travaille présentement pour l’organisme Caring for Our Environment et est également engagé auprès de Yes in My Backyard, qui milite notamment pour accroître l’offre de logements.

Cet aspect communautaire est au cœur de sa campagne, lui qui s’engage à élargir le Bureau de l’engagement public pour en faire un « Bureau de l’engagement civique ».

Élevé dans les Maples par une mère seule au sein d’une famille philippine élargie, Christopher Clacio rattache aussi son engagement politique à son propre parcours économique.

« Je suis une personne à faible revenu, j’ai dû avoir trois différents emplois pour garder une qualité de vie. Mais j’ai toujours trouvé un moyen de rester engagé. Donc j’ai l’expérience qu’il faut pour le travail et je sais que l’engagement civique est la solution à plusieurs de nos problèmes. »

Il n’a encore jamais occupé de fonction élective, ce qui ne l’empêche pas de considérer ses campagnes successives comme une façon d’acquérir de l’expérience politique.

« J’ai un bon sens de l’adaptation et j’ai souvent discuté avec des élus auparavant », soutient -il.

« L’une des raisons pour lesquelles je suis dans la course à la mairie, c’est que je veux justement gagner cette perspective et obtenir un nom que je ne pense pas possible d’avoir si j’étais simplement candidat pour un conseil scolaire ou le conseil municipal. »

Christopher Clacio veut également faire de son identité philippine une dimension de sa candidature.

Il estime que la diversité croissante de Winnipeg doit davantage se refléter parmi les élus, tant sur le plan culturel que générationnel.

« Les gens sont prêts à voir cette représentation chez leurs élus. Pas seulement en termes de race, mais aussi en termes d’âge et de démographie », estime-t-il.

Rejoindre plusieurs communautés linguistiques

Lui-même se présente comme le représentant d’une génération confrontée à des réalités économiques différentes de celles qu’ont connues les élus de générations précédentes.

Lui-même reconnaît toutefois ne pas parler couramment le filipino et avoir parfois hésité à s’engager auprès de sa propre communauté.

Il voit dans sa candidature une façon d’assumer cette identité tout en continuant à en apprendre la langue et l’histoire.

« Le fait de voir qu’un Philippin peut se présenter à une fonction publique, et qu’il y a maintenant deux candidats philippins à la mairie, cette représentation est vraiment au cœur des raisons pour lesquelles je me présente », affirme-t-il.

Cette réflexion rejoint sa volonté de mieux comprendre et représenter la communauté francophone de Winnipeg.

Christopher Clacio dit être conscient de l’histoire de la lutte pour le français dans la ville et souligne que, comme lui, de jeunes francophones pourraient vouloir s’engager en politique sans nécessairement parler parfaitement leur langue.

Il souhaite notamment que le Bureau de l’engagement civique puisse servir de pont entre les francophones et les autres communautés linguistiques de Winnipeg.

Sa propre campagne tente d’ailleurs de rejoindre plusieurs communautés linguistiques : son site est notamment offert en français et son équipe cherchait, au moment d’écrire ces lignes, à traduire ses communications dans plusieurs langues parlées à Winnipeg.

« J’espère que les francophones pourront voir que je m’intéresse à leur communauté, que je veux apprendre à la connaître et que je veux la soutenir », dit-il.