Après deux ans de fermeture, cette visite avait une saveur toute spéciale pour la directrice générale, Cindy Desrochers.
En visite à Winnipeg du 7 au 9 octobre 2026, la gouverneure générale du Canada, Louise Arbour, nommée au mois de juin de la même année, prenait le temps de visiter le Musée de Saint-Boniface.
Un moment « vraiment spécial », pour la directrice générale du musée, Cindy Desrochers, qui se déroule au moment où l’établissement poursuit les préparations en vue de sa réouverture le lundi 19 octobre après plus de deux ans de fermeture.
« Une réouverture progressive » précise-t-elle, dans l’optique de se laisser le temps de réinstaller toutes les pièces que l’on avait déplacé au mois de juillet 2024.
Pour rappel, le musée avait fermé ses portes au public à la fin du mois de juin 2024 en raison de la nécessité d’effectuer des travaux au sein du plus vieux bâtiment de Winnipeg.

À l’occasion de sa visite, quelques pièces historiques ayant appartenues à Louis Riel ont été présentées à la gouverneure générale qui s’est chargée personnellement de les disposer sur une table d’exposition.
À l’étage, une dizaine d’élèves de l’École Taché la rejoignaient pour participer à une activité pédagogique sur l’histoire des Métis du Manitoba et la manière dont leurs terres ont été reprises et redistribuées.
Et, à la fin de sa visite, Louise Arbour semblait sous le charme.
« J’espère que j’aurai l’occasion de revenir lorsque tout sera en place. C’est un très bel édifice. J’ai participé à l’installation des objets de la vie de Louis Riel et c’est vraiment touchant. »
Elle confie avoir particulièrement apprécié le plateau de jeu de cribbage du père du Manitoba.
Bien au fait des difficultés auxquelles le Musée de Saint-Boniface fait face depuis 2024, la gouverneure générale rappelait l’importance du maintien de la vie culturelle au pays.
« C’est de la responsabilité de tous les canadiens, y compris de tous les paliers de gouvernement. C’est quand on voit l’importance de se reconnecter avec son histoire que l’on comprend l’importance de maintenir la vitalité muséale au Canada. »
Le Musée de Saint-Boniface revêt une importance toute particulière pour la francophonie manitobaine.
Il symbolise sa résilience et surtout, il rappelle son histoire et celle du Manitoba, bilingue dans sa diégèse.
Interrogée quant à savoir si le Canada en faisait assez pour le bilinguisme à travers le pays, la gouverneure générale déclarait ceci : « Ce que l’on constate lors d’une visite comme celle d’aujourd’hui, c’est que ce sont les communautés qui assurent leur survie. La protection de la vie culturelle, dans une démocratie, revient à la population et aux protections constitutionnelles. Lorsque l’on est une minorité, par définition, on ne remporte pas les élections seulement sur les questions qui nous intéressent, mais le fait que nous ayons des lois et des droits qui protègent les francophones et tout autre groupe minoritaire au Canada est important. »
Dans le cas du Musée de Saint-Boniface, toutes ces strates ont justement participé au financement des travaux, essentiels pour la pérennité du bâtiment.
Alors que les estimations initiales prévoyaient un coût total de 1,3 millions de $ pour la remise en état de la structure, la note a fini par atteindre les 6 millions de $.
Le Fédéral contribue à hauteur de 3,67 millions $ et la Province de 1 375 920 $, dont 520 000 $ dirigés vers la Ville de Winnipeg pour le musée.
La Ville apporte pour sa part 378 000 $ de ses propres fonds, tandis que les contributions des fondations et des donateurs privés représentent 843 000 $.
Au moment de la visite de Louise Arbour, Cindy Desrochers indiquait que l’équivalent d’environ 4 millions de $ de travaux avaient été réalisés.
« On a fait du travail sur l’accessibilité, les salles de toilettes et la porte arrière sont accessibles pour les chaises roulantes. On a rénové la structure du toit et réparé les bardeaux au troisième ainsi que tout le côté sud du toit. »
Le système de chauffage a également été remis aux goûts du jour avec l’ajout de pompes à chaleur.
« Ça nous permet de chauffer l’édifice mais aussi de climatiser. Alors nos objets vont être tout cosy, été comme hiver. »
Visiblement soulagée et heureuse de rouvrir enfin les portes du musée, Cindy Desrochers précise tout de même qu’il reste encore un peu d’ouvrage.
« On va travailler sur l’extérieur de l’édifice, un autre projet de 2,5 millions de $. Nous allons rénover les fenêtres historiques ainsi que les volets et toute l’enveloppe de l’édifice. »
À savoir, le bardage afin de mieux protéger les billots de chênes de l’humidité. Le musée n’a donc pas tout à fait fini de faire peau neuve.
De plus, les expositions, notamment à l’intérieur de la chapelle, devraient changer elles aussi.
« On est soulagé de pouvoir reprendre nos activités normales, je dirais. Pendant deux ans et demi nous avons eu beaucoup moins de public, même si l’on a trouvé une manière d’aller davantage vers les écoles. Mais on comptabilise trois ans de déficit alors côté opérationnel ça n’a pas été facile. »
La directrice générale rappelle que le musée a fermé ses portes peu de temps après la sortie de la pandémie de COVID-19.
« On va faire comme si les six dernières années n’avaient pas existé et reprendre nos opérations », conclut-elle le sourire aux lèvres, optimiste.
Comme un écho à la déclaration de Louise Arbour sur la responsabilité des communautés à assurer leur survie, Cindy Desrochers portait ce jour-là un badge sur lequel l’on pouvait lire « 35 ans de loyaux services ».
Un engagement qui semble symptomatique de la francophonie manitobaine et qui méritait bien d’être souligné ici, avec ces quelques lignes.
Initiative de journalisme local





