Ce 28 octobre, en parallèle des élections municipales se tiendront également les élections scolaires pour la gouvernance de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM).

La Commission scolaire franco-manitobaine (CSFM) doit compter 11 commissaires élus.

Quatre candidats pour la région Sud-Est ont été élus par acclamation : Roxanne Dupuis, Yolande Dupuis, Guy Gagnon et Mariette Kirouac.

Pour la région Nord-Ouest, Bernard Lesage et Joanne Colliou eux aussi ont été élus par acclamation. Il manque toutefois un candidat pour cette région.

La commission scolaire aura donc la charge de trouver et nommer un autre représentant.

Les seules élections concernent donc la région urbaine pour laquelle sept candidats se sont présentés pour quatre places disponibles.

Jacques de Moissac

Après une carrière qui l’a mené jusqu’à Vancouver où il a occupé des postes de direction à la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, Jacques de Moissac est revenu s’installer dans son Manitoba d’origine en 2025.

« On se prépare à fonder une famille et on souhaitait élever nos enfants ici, au Manitoba. »

Lui-même finissant de la DSFM, Jacques de Moissac siège actuellement sur le CA de Francofonds et souhaite aujourd’hui s’investir auprès de la CSFM.

« M’impliquer auprès de ma communauté et représenter les gens autour de moi a toujours été important. Je suis toujours prêt à aider et faire ma part pour la communauté. »

Quant à sa vision pour la DSFM, il la divise en trois grands thèmes : inclusion, collaboration et innovation.

« Je veux voir des salles de classe et des écoles où le bien-être des élèves et du personnel est une priorité. S’assurer d’avoir un dialogue régulier avec les familles, les comités scolaires, les comités de parents. Il faut que l’on s’assure d’entendre les préoccupations. J’aimerais créer un réseau pour les présidences des comités scolaires. Quant à l’innovation, je souhaiterais une gouvernance plus participative. Il faut inviter les gens plus souvent aux rencontres, renforcer la présence politique de la DSFM. »

Jacques de Moissac.
Jacques de Moissac. (photo : Hugo Beaucamp)

Alain Jacques

Alain Jacques termine un mandat de quatre ans autour de la table de la CSFM.

Enseignant à la retraite, il s’est engagé auprès de la CSFM à la suite des déclarations de l’ancien premier ministre du Manitoba Brian Pallister qui indiquait vouloir « se débarrasser » des commissaires scolaires.

« Je me suis demandé si c’était une bonne idée ou pas et pour le savoir j’ai voulu me présenter pour en juger par moi-même. Après quatre ans, j’en suis arrivé à la conclusion que les commissaires scolaires sont utiles (rires). »

Après quatre ans, Alain Jacques se considère toujours comme un « nouveau , mais il met de l’avant sa compréhension du système.

En cas de réélection, Alain Jacques indique vouloir poursuivre le travail et profiter de la situation politique actuelle.

« Nous avons eu quatre années occupées, nous avons eu des gains d’écoles, il faut continuer à pousser ce gouvernement qui semble être sympathique à la cause francophone. Il nous manque encore des écoles et il faut aller attirer les ayants droit qui ne sont pas dans le système de la DSFM. Il faut sonder les gens qui retire leurs enfants de la DSFM et comprendre pourquoi ils le font. Si c’est une question de programmation, il faut que l’on engage les conversations, que l’on échange des idées. »

Alain Jacques.
Alain Jacques. (photo : gracieuseté)

Lisbeth Savard

Lisbeth Savard aussi se représente après un mandat de quatre ans.

Fonctionnaire au gouvernement fédéral depuis 24 ans, elle a débuté sa carrière en tant qu’enseignante de français en langue seconde.

Son engagement auprès de la CSFM, elle l’hérite de son père Gilbert Savard qui était président de la Fédération provinciale des comités de parents.

Il était allé jusqu’à la Cour suprême le 4 mars 1993, pour obtenir le droit, pour les francophones du Manitoba, à gérer leurs écoles.

« C’est quelque chose qui m’a toujours motivée. Pour moi, c’est un peu comme reprendre le flambeau. »

Elle se représente pour un deuxième mandat avec l’intention d’aller « plus loin dans le travail qui a déjà été accompli ».

« De plus, nous avons embauché un nouveau directeur général et l’on s’embarque dans un nouveau processus de plan stratégique alors tout cela est excitant. »

Lisbeth Savard a à cœur les questions d’inclusion et de diversité.

« Il y a tellement de projets intéressants qui s’annoncent et au niveau personnel, je cherche toujours à m’éduquer, me sensibiliser, notamment aux questions de l’éducation autochtone et la lutte contre le racisme. »

Lisbeth Savard. (photo : Hugo Beaucamp)

Marc Savard

Ambulancier de formation, Marc Savard travaille pour la Ville de Winnipeg en tant que directeur de la paramédecine communautaire et de la liaison avec les systèmes de santé (traduction libre).

Finissant de l’École Précieux-Sang avant que la DSFM ne voit le jour, trois de ses enfants sont finissant de la Division scolaire franco-manitobaine.

« J’ai été membre du comité scolaire du collège Louis-Riel pendant six ans, dont quatre en tant que président. Dans ce rôle-là j’ai pu observer les défis et les succès de l’administration de la DSFM et j’aimerais continuer à m’impliquer. »

Rejoindre la CSFM lui apparaît donc comme une suite logique.

« Je crois que cette expérience m’a donné une bonne idée de la manière dont fonctionne l’administration et du rôle des commissaires. »

S’il devenait commissaire scolaire ce 28 octobre, il veillerait à améliorer la vie étudiante et « promouvoir l’importance de rester impliquer dans son français. »

« La poursuite de l’éducation des métiers est un portfolio qui m’intéresse beaucoup. Si un étudiant souhaite apprendre l’électricité, la plomberie, il doit le faire en anglais et c’est quelque chose qui nous fait perdre des étudiants. J’aimerais m’impliquer dans ce dossier et poursuivre les efforts pour offrir ces programmes en français à nos élèves. »

Marc Savard.
Marc Savard. (photo : Hugo Beaucamp)

Josée Théberge

Aujourd’hui retraitée, Josée Théberge a dirigé plusieurs organismes francophones par le passé.

La Fédération des aînés de la francophonie manitobaine, Francofonds ou encore la Fédération culturelle de la francophonie manitobaine.

« Après 25 ans d’engagement au sein de notre francophonie, j’ai encore le goût de découvrir de nouvelles réalités et de chercher de nouvelles façons de contribuer. »

C’est dans cette optique, avec la ferme intention de contribuer à l’avenir des élèves, qu’elle décide de candidater au poste de commissaire scolaire.

Ses expériences en leadership l’ont mené à prioriser l’écoute et la collaboration.

« Mon rôle sera de poser les bonnes questions, d’écouter les différentes perspectives et de participer à des décisions réfléchies et responsables, toujours avec les besoins et la réussite de nos élèves en tête. »

Elle met notamment l’accent sur l’importance d’offrir davantage d’expériences francophones extrascolaires.

« Ce sont souvent ces moments qui deviennent mémorables. »

Josée Théberge.
Josée Théberge. (photo : gracieuseté)

Meghan Waters

Meghan Waters est enseignante de cinquième et sixième année à l’école École Mazina-Giizhik de la Division scolaire Louis-Riel.

Après onze d’enseignement, elle-même finissante de la DSFM, la mère de trois enfants les a tous inscrits au sein de la DSFM.

Détentrice d’un post-bac en éducation inclusive, c’est avec cette lentille qu’elle aimerait aborder son travail de commissaire scolaire en cas d’élection.

Meghan Waters fait campagne avec une idée bien précise des enjeux auxquels elle souhaiterait s’attaquer.

« J’aimerais voir des interventions précoces en lecture et qui sont ancrées dans la science de la lecture et qui suivent les appels à l’action du mouvement de Droits de lire. »

L’autre grande priorité se rapporte à la fuite de certains ayants droit vers d’autres divisions scolaires.

« Je pense qu’il faut être transparent avec cette problématique. Chaque enfant qui nous quitte est une perte. J’aimerais qu’une politique d’entrevue de sortie soit mise en place afin de comprendre ce qui pousse les enfants et les parents à quitter la DSFM. »

En raison de son bagage en éducation inclusive, la diversité aussi figure sur la liste de ses priorités.

Meghan Waters.
Meghan Waters. (photo : gracieuseté)

Gilbert Weeh

Gilbert Weeh est parent d’élèves de la DSFM.

Il a été membre du comité scolaire de Léo-Remillard et président de ce même comité et travaille à l’Accueil francophone depuis une dizaine d’années dans le secteur de la connexion communautaire.

« Dans le cadre de ce travail, je supervise des camps d’été où je suis en contact avec les enfants, les élèves et les parents d’élèves alors je n’ai jamais vraiment quitté ce milieu-là. »

Dans le cadre de son rôle au comité scolaire, Gilbert Weeh confie avoir été inspiré par les commissaires scolaire qu’il a rencontrés.

« Je veux apporter mon expérience pour faire avancer certains dossiers et s’assurer que les enfants s’épanouissent à l’école. »

Le père de famille n’identifie pas nécessairement de priorités, mais dit vouloir poursuivre le travail accompli par la CSFM jusqu’alors, animé par une volonté forte d’apporter sa pierre à l’édifice ».

Il souligne également l’importance de représenter la diversité de la francophonie manitobaine.

« Étant issu de l’immigration, j’apporterai mon expérience, mon vécu, et la perspective d’un nouvel arrivant. »

Gilbert Weeh.
Gilbert Weeh. (photo : Hugo Beaucamp)

Initiative de journalisme local