Black Zombie est le premier long métrage de la réalisatrice Maya Annik Bedward.
Il vise à présenter la figure du zombie dans son contexte original.
Après avoir remporté un franc succès dans les festivals, ce film documentaire sera présenté au public winnipégois jusqu’au 21 octobre à la Dave Barber Cinémathèque.
Avec l’Halloween qui approche à grands pas, bon nombre de gens enfileront une gamme de costumes effrayants, notamment des costumes de zombies.
Mais plusieurs porteront ces déguisements sans connaître les origines de cette figure emblématique, souvent médiatisée par le cinéma hollywoodien.
C’est pour cette raison que Maya Annik Bedward a réalisé son premier long métrage documentaire, Black Zombie.
Le documentaire remonte aux origines du zombie dans les traditions spirituelles haïtiennes, et explore les liens entre le phénomène de la zombification, la traite transatlantique, l’esclavage et l’histoire coloniale d’Haïti.
Bien plus qu’une simple figure hollywoodienne, le zombie se situe, dans les traditions locales haïtiennes, au carrefour d’un phénomène spirituel et scientifique. Il cache des pages d’histoire bien ancrées dans la société qui remontent à l’époque coloniale.
Dans son récit, la réalisatrice Maya Annik Bedward montre comment cette figure, associée à la perte de liberté et de volonté, a été transformée par le cinéma occidental.
Le film examine également comment les représentations occidentales du zombie ont contribué à déformer les traditions spirituelles haïtiennes et à perpétuer des stéréotypes racistes.
Maya Annik Bedward avoue avoir été surprise d’apprendre que l’histoire du zombie trouve en fait ses racines dans la culture haïtienne.
Se mettant sur la trace des origines du zombie, elle a jugé que cette histoire méritait d’être mieux connue.
Ses recherches l’ont amenée dans plusieurs lieux présentés dans le film, dont Haïti, où elle a pu discuter de l’histoire du zombie et du vaudou, principalement en français.
Elle souligne notamment sa rencontre avec Yves-Grégory François, un prêtre vaudou.
Grâce à lui, elle espère que les spectateurs pourront comprendre la réalité du vaudou, bien loin des « stéréotypes et préjugés racistes que l’on observe souvent ».
« Il faut mettre fin à cette idée selon laquelle il serait associé à quelque chose dont nous devrions avoir peur », déclare-t-elle.
Le film a été présenté pour la première fois au festival South by Southwest, où la cinéaste s’est réjouie de l’accueil reçu.
Elle a notamment remarqué qu’après la projection, le public semblait beaucoup plus intéressé par l’histoire d’Haïti que par le zombie lui-même.
Comme elle le reconnaît, c’était là son plus grand espoir pour ce projet.
Ce qui l’a le plus surprise, en fait, c’est l’accueil réservé au film par les amateurs de cinéma d’horreur.
N’ayant jamais été une adepte du genre avant d’entreprendre ses recherches, elle craignait que cette communauté ne rejette un film aussi critique envers son genre cinématographique préféré.
« Je me suis rendue compte qu’ils avaient vraiment le goût de ce genre de récits, et qu’ils voulaient découvrir la véritable histoire derrière les zombies et leur contexte culturel. »
Des projections auront lieu à Winnipeg jusqu’au 21 octobre à la Dave Barber Cinémathèque, avant la diffusion du film le 23 octobre sur CBC Gem.
Maya Annik Bedward espère que le film deviendra un classique d’Halloween, qui permettra aux gens à la fois de s’amuser et d’apprendre.
« C’est un film documentaire qui aborde des thèmes lourds, mais c’est aussi très amusant. Vraiment, je voulais que ce soit captivant et divertissant », partage-t-elle.




