Avec des informations de Hugo BEAUCAMP

Les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux (FPT) de la Santé ont tenu une réunion coprésidée par la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, et par Uzoma Asagwara, ministre de la Santé, des Aînés et des Soins de longue durée du Manitoba.

En conférence de presse, Marjorie Michel a d’abord posé le cadre économique du dossier.

« Investir dans la santé, c’est investir dans notre productivité. C’est surtout investir dans notre avenir », a-t-elle lancé.

Elle a ajouté : « Sans travailleurs de la santé, il est tout simplement impossible de bâtir un Canada fort pour tous. »

La ministre a rappelé le plan de 200 milliards $ sur dix ans qui a été conclu en février 2023 à Ottawa.

Plusieurs ententes ont été renouvelées pour sept ans au cours des dernières semaines.

La ministre a cité en preuve les remplacements de la hanche et du genou, en hausse de 5,3 % entre 2024 et 2025. Ces volumes dépassent désormais de 26,5 % ceux de 2019 à 2020, selon les données partagées.

L’innovation a occupé une place centrale dans les remarques de la ministre fédérale.

« L’intelligence artificielle prend déjà une place croissante dans notre système, avec les agents de transcription, le diagnostic et le triage à l’urgence », a souligné Marjorie Michel.

Cela signifie, selon la ministre, « moins de temps sur la paperasse et plus de temps avec les patients ».

Financement, intelligence artificielle et menaces sanitaires

Marjorie Michel a aussi salué la loi sur les soins interconnectés pour les Canadiens, ainsi que les investissements récents en reconnaissance des diplômes : 11 millions $ pour trois organisations nationales, 20 millions $ pour l’Ontario et 6 millions $ pour le Manitoba.

Uzoma Asagwara a toutefois ramené la discussion au financement en saluant la prolongation d’un an des fonds destinés à la santé mentale, à la consommation de substances et aux soins à domicile, maintenant garantie jusqu’au 31 mars 2027.

La personne ministre de la Santé a ensuite insisté sur le consensus des provinces et territoires.

« Nous avons besoin d’engagements à plus long terme, stables et prévisibles de la part du gouvernement fédéral », a déclaré Uzoma Asagwara, en visant les ententes bilatérales et le Transfert canadien en matière de santé.

Uzoma Asagwara a précisé qu’une nouvelle réunion des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux se tiendra avant la fin de l’année 2026.

Par ailleurs, des discussions sur la Politique sur les services de la Loi canadienne sur la santé commenceront aussi d’ici le printemps 2027. Une nouvelle entente sur le partage de l’information en santé publique sera signée sous peu.

Les deux ministres ont aussi évoqué les menaces sanitaires émergentes, dont Ebola, la grippe aviaire et la rougeole.

Marjorie Michel a remercié les autorités de la Colombie-Britannique pour leurs quarantaines, et le Manitoba pour la réponse communautaire à l’éclosion de rougeole.

D’ailleurs, à compter de ce 16 octobre, les responsables de la santé publique du ministère de la Santé, des Personnes âgées et des Soins de longue durée du Manitoba ont déclaré que l’épidémie de rougeole était terminée, le dernier cas confirmé en laboratoire ayant été identifié en août.

Équipe Canada

Enfin, de manière générale, Uzoma Asagwara a parlé d’une « approche Équipe Canada » pour défendre les besoins des patients partout au pays. Marjorie Michel a abondé dans le même sens. « Cette réunion FPT a été une démonstration de collaboration, d’engagement et de respect », a conclu la ministre fédérale.

L’Association médicale canadienne (AMC), présente à Winnipeg toute la semaine, a réagi à l’issue de la rencontre.

L’organisation a fait état de « nombreuses discussions enrichissantes » avec les associations médicales provinciales et territoriales et avec les ministres de la Santé.

Mais le message de l’AMC est nuancé. « Il reste encore beaucoup de travail à accomplir. La voie vers un financement durable et prévisible du système de santé demeure incertaine », a écrit l’organisation.

L’AMC demande que le Transfert canadien en matière de santé et les accords bilatéraux renouvelés offrent aux provinces et territoires « la prévisibilité dont ils ont besoin pour planifier l’avenir ».