Garth Smorang, commissaire chargé de l’enquête sur le quartier général de la police de Winnipeg, a présenté son rapport intitulé A Sad Tale of Mismanagement, Misconduct and Misrepresentations (Une triste histoire de mauvaise gestion, de mauvaise conduite et de fausses déclarations, traduction libre). 

Cette enquête détaille la mauvaise gestion qui a entaché le projet de redéveloppement du quartier général de la police de Winnipeg entre 2009 et 2016.

Pour rappel, en février 2025, le Manitoba avait créé cette commission d’enquête publique pour informer les contribuables.

La commission d’enquête a tenu 27,5 jours d’audiences publiques avec 30 témoins de février à mai 2026. L’avocate Heather Leonoff, la coordonnatrice Stacy Nagle et l’adjointe Debra McEvoy ont assisté Garth Smorang.

La Ville de Winnipeg avait confié ce chantier à Caspian, groupe d’entreprises détenu par Armik Babakhanians. Sa société principale, Caspian Projects Inc., agissait comme entrepreneur général du projet de réaménagement.

Garth Smorang retient l’audit de l’expert-comptable judiciaire Victor Neufeld sur les coûts du projet. « La Ville a finalement dépensé 209 millions $ pour le projet », déclare Garth Smorang.

Elle « s’est finalement fait surfacturer 42 millions $ directement par Caspian », précise Garth Smorang. Il ajoute « 1,3 million $ supplémentaires par une société connue sous le nom de Triple D ». La surfacturation atteint « un total général de 43,3 millions $ de paiement en trop ».

La municipalité a toutefois récupéré 29,6 millions $ grâce aux procédures judiciaires civiles et aux règlements.

Garth Smorang formule des conclusions d’inconduite contre neuf personnes sur seize individus préalablement avisés. Il blâme l’ancien maire Sam Katz et l’ancien directeur municipal Phil Sheegl.

« Sam Katz et Phil Sheegl ont enfreint leurs codes de conduite respectifs en matière de conflits d’intérêts et d’éthique dans leurs rapports avec Armik Babakhanians », a affirmé Garth Smorang en conférence de presse.

Garth Smorang dénonce « des conflits d’intérêts et des manquements éthiques associés à Armik Babakhanians ».

L’ingénieur Peter Chang, le technologue Patrick Dubuc et l’employée Pam Anderson ont « détourné environ 1,3 million ».

Armik Babakhanians, Shaun Babakhanians, Pam Anderson, Peter Chang et Patrick Dubuc ont « tous participé à des centaines de fausses déclarations financières à la Ville. »

Dans son audition, Armik Babakhanians a soutenu qu’il ne considérait pas avoir trop facturé la Ville. On peut lire dans le rapport que sa position générale telle qu’il l’a exprimée à son avocat, était la suivante : « J’ai facturé ce qui m’avait été garanti. C’est tout. »

Garth Smorang formule 25 recommandations, jugeant que la planification municipale en 2011 démontrait des manquements.

« En matière de planification et de budgétisation, les témoignages des employés et des experts de la Ville ont clairement montré qu’en 2011, le processus municipal présentait de graves lacunes pour ce qui était de protéger les intérêts de la Ville dans le projet du quartier général du Service de police de Winnipeg ».

Il recommande d’autoriser le conseil municipal à siéger à huis clos pour examiner des informations confidentielles.

Il reprend aussi les propositions de l’ancienne commissaire à l’intégrité Sherri Walsh. Élargir son mandat aux hauts fonctionnaires offrirait « une voie sûre et confidentielle aux autres employés ».

Garth Smorang recommande néanmoins d’encourager les cadres à « dire la vérité au pouvoir ».

Sur l’absence d’accusations criminelles, « aucune autre question ne m’a été posée plus souvent », confie Garth Smorang. Il exhorte le Service des poursuites du Manitoba à « être plus ouvert et transparent dans ses communiqués ».

L’enquête publique a coûté un peu plus de 2,1 millions $.