Le pourcentage d’entreprises canadiennes qui ont déclaré utiliser l’IA (intelligence artificielle) pour produire des biens ou fournir des services a doublé, pour passer de 6 % durant la période de 2023-2024 à 12 % durant la période de 2024-2025.
Néanmoins, cela ne s’est pas traduit nécessairement par une perte d’emplois.
Trois ans après la démocratisation de l’IA générative, les données canadiennes ne montrent pas de perte d’emploi à grande échelle.
En effet, l’emploi global au Canada a augmenté au cours de cette période, et ce, indépendamment du degré d’exposition des professions à l’IA ou de leur complémentarité avec celle-ci.
Par exemple, l’emploi dans les professions fortement exposées à l’IA et peu complémentaires (FEFC) a progressé d’environ 10 % chez les hommes et de 5 % chez les femmes.
En revanche, quand on regarde dans le détail, des disparités existent pour les jeunes employés et les employés moins scolarisés de novembre 2022 à décembre 2025.
L’IA générative est particulièrement capable d’automatiser des tâches cognitives de base, telles que la rédaction de code informatique simple ou la saisie de données.
Comme ces tâches constituent souvent le cœur des emplois de premier échelon, leur automatisation réduit les opportunités d’entrée sur le marché du travail pour les nouveaux diplômés.
Par exemple, dans les professions liées à la programmation, le nombre de travailleurs de moins de 30 ans a stagné entre novembre 2022 et décembre 2025. Alors que pendant la même période, l’emploi chez les travailleurs de 30 à 49 ans dans ces mêmes professions a augmenté de près de 30 %.
De manière générale, la croissance de l’emploi pour les 15-29 ans a été qualifiée de stagnante par rapport à celle de leurs homologues plus âgés.
« Bien que l’incidence immédiate de l’IA générative sur l’emploi global ne soit pas encore détectable à grande échelle, on s’inquiète de plus en plus du fait qu’elle pourrait remplacer certains groupes de travailleurs, comme ceux occupant des postes de premier échelon. », observe Statistique Canada.
« Les technologies de l’IA évoluent rapidement, mais leur incidence économique nette reste ambiguë », soulignent tout de même les auteurs de l’étude.
Aussi, l’analyse rappelle que l’impact de l’IA reste difficile à isoler d’autres facteurs économiques majeurs (ajustements post-pandémiques, changements démographiques, tensions commerciales apparues au début de 2025).

