C’est une démonstration du potentiel éducatif des technologies au service de la mémoire et des droits de la personne.

Ce mardi 10 février, Tech Manitoba donnait le coup d’envoi de sa troisième édition de MB Tech Week.

Lancée la première fois au mois de février 2024, la semaine de la technologie a pris de plus en plus d’ampleur au fil des années, passant de 16 évènements lors de la première édition à plus d’une cinquantaine cette année.

En tant que principale association à but non lucratif de l’industrie technologique de la province, Tech Manitoba a mis en place cette semaine d’évènement afin d’offrir plus de visibilité au secteur technologique manitobain et ses réussites.

C’est ce qu’explique Kelly Fournel, directrice générale de Tech Manitoba.

« En tant qu’organisation, nous voulions quelque chose qui mobilise les Manitobains et qu’ils réalisent qu’ici aussi il y a des entreprises qui font des choses extraordinaires avec la technologie. »

Du 23 au 28 février, une multitude d’organismes, d’entreprises d’experts ou encore de startup mettront en valeur leurs innovations en lien avec les technologies.

Il s’agit donc d’une célébration de la technologie qui permet également de rapprocher les différents acteurs d’un secteur important partout dans la province.

« On essaie d’éviter ce que l’on appelle la périmétrie, c’est-à-dire que la technologie ne concerne que Winnipeg. Alors oui, 80 % de nos entreprises technologiques sont basées à Winnipeg, mais il se passe aussi des choses incroyables ailleurs, dans le nord, dans le sud, notamment dans les secteurs manufacturiers et au sein d’autres organisations. »

Mettre en avant les avancées et les innovations réalisées dans la province fait partie intégrante de la mission de l’organisme à but non lucratif, mais pas seulement, Kelly Fournel mentionne également le défi de l’accessibilité.

« Nous n’avons pas encore atteint le niveau d’inclusion numérique souhaité dans les régions rurales et éloignées en raison des enjeux de connectivité. C’est pourquoi nous continuons de défendre ces dossiers auprès des gouvernements provincial et fédéral. »

La technologie au service de l’éducation

Pour la première fois, le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) prendra part à la MB Tech Week. Les 26, 27 et 28 février, le musée organisera une animation en galerie qui s’intitule Dimensions in Testimony, une animation qui vient du USC Shoah Foundation.

Zachary Fortin, gestionnaire de la branche éducative du musée, nous éclaire sur le contenu de cet évènement.

« On utilise la technologie adaptée pour revivre des entrevues qui ont été faites avec deux Canadiens qui ont survécu à l’Holocauste. Les visiteurs, les élèves peuvent interagir avec l’animation, poser des questions et recevoir des réponses. »

Pour se faire une idée plus précise de ce à quoi cela ressemble, il suffit de s’imaginer une conversation vidéo. Votre interlocuteur est projeté en image sur un mur par exemple, et il réagit en temps réel à vos questions. Les réponses ayant été enregistrées au préalable au cours d’une longue entrevue.

« C’est aussi une nouvelle technologie pour nous alors on a très hâte de la faire découvrir au public. »

Cette technologie innovatrice a d’intéressant qu’elle est un moyen ludique d’éduquer.

« Je pense que la technologie fait complètement partie de notre quotidien. Les élèves que l’on voit aujourd’hui comprennent la technologie mieux que moi (rires), donc je pense qu’elle joue un rôle important dans l’éducation, pas seulement dans le milieu muséal. Il y a aussi les dangers qui accompagnent la technologie, donc c’est aussi important d’aborder les implications des droits de la personne dans l’utilisation de la technologie », dit Zachary Fortin.

Des innovations technologiques au service de l’expérience muséale

Finalement, s’il n’est pas évident tout de suite, le lien entre le musée et les technologies est plutôt important. Le MCDP s’intéresse aux innovations technologiques qui peuvent servir à améliorer davantage l’expérience muséale.

« On utilise la technologie de façon unique, je dirais, dans notre secteur. Pour faire des visites virtuelles par exemple. Ça nous permet de diffuser nos messages, nos leçons, l’histoire que l’on protège vers des communautés qui peuvent être éloignées. Ça fait que pour nous, en éducation, la technologie c’est vraiment ça le plus gros ajout. »

Faire tomber la barrière géographique est déjà un moyen essentiel d’étendre plus largement la portée des témoignages et des histoires du MCDP, mais la technologie peut également jouer un rôle essentiel dans la sauvegarde de témoignage.

En particulier, lorsque le nombre de survivants de la Shoah, par exemple, s’amenuise à mesure que les années passent, l’animation Dimensions in Testimony permets d’assurer la transmission, la plus authentique possible, vers les nouvelles générations.

« C’est vraiment la valeur de la technologie dans ce contexte-là. Les leçons de notre passé collectif sont importantes et les appliquer au monde contemporain, c’est notre devoir en tant que citoyen. »

L’animation Dimensions in Testimony se déroulera dans la galerie « Examiner l’Holocauste ».  

Initiative de journalisme local.