À l’Hôtel Marion, en plein Festival du Voyageur, les Jeux Voyageurs restent un rendez-vous à part.
On s’y rend pour la communauté, pour encourager ceux qui s’y affrontent, mais aussi pour participer aux festivités.
À l’organisation, l’on retrouve Guy et Johanne Noël, membres de la Brigade de la Rivière Rouge, et Laneil Smith, propriétaire de l’hôtel Marion. « Même si tu viens juste comme spectateur, tu embarques », résume Guy Noël.
« C’est comme aller voir une game de hockey : tu rentres dedans. »
Membres de la Brigade de la Rivière Rouge et voyageurs officiels en 2000-2001, Guy et Johanne Noël portent les Jeux Voyageurs avec une énergie que l’on pourrait presque qualifier de contagieuse.
« C’est une levée de fonds. C’est une façon de prélever des fonds pour notre organisme », précise-t-il, tandis que Laneil Smith se dit « vraiment fier » de « participer à la communauté avec ça ».
Cinq jeux, une ambiance
« C’est ça, notre contrat avec le Marion : l’hôtel fournit l’espace, les participants, puis nous autres, on gère les jeux », résume Guy Noël.
Les Jeux Voyageurs se déclinent autour de cinq épreuves ; le sciage de pitoune, où il faut être le plus rapide à scier du bois, la jambette, une sorte de bras de fer mais avec les jambes et allongés sur le dos, les barils, une épreuve d’équilibre où l’objectif est de faire tomber son adversaire, la lutte voyageur, où en ayant les jambes statiques, l’on tente de déséquilibrer l’autre à l’aide d’une seule main, et enfin, la bataille au coq, qui rappelle une bataille d’oreillers.
Si certaines règles ont pu évoluer au fil du temps, « l’esprit demeure », assure Johanne Noël.
« On joue pas juste pour du rhum, comme ils faisaient dans le temps », dit-elle en souriant, avant de rappeler l’origine symbolique.
Johanne Noël ajoute que les compétitions devenaient alors une façon de célébrer l’arrivée sain et sauf car à l’époque, « quand les voyageurs arrivaient au Fort pour leur destination, il y avait une grosse fête », explique-t-elle.
Ces Jeux, les organisateurs le revendiquent comme un geste de continuité.
Pour Guy Noël, c’est essentiel de « garder cette tradition-là parmi toutes les autres traditions qu’il y a pendant le Festival du Voyageur ».
Une semaine pour participer
Pour l’édition 2026, les Jeux Voyageurs à l’Hôtel Marion se tiendront du lundi 16 février à 17 h avec la Bataille des villages, puis du mardi 17 au vendredi 20 février à 19 h.
La finale aura lieu le samedi 21 février à 13 h.
Côté participation, la règle est claire : il faut avoir 18 ans ou plus pour concourir et pour assister à l’évènement.
« Parce que c’est quand même un bar », rappelle Guy Noël, tandis que Laneil Smith insiste sur l’ambiance : « Tout le monde est ici pour avoir du plaisir. Les gens sont toujours de bonne humeur pendant les Jeux Voyageurs ».
En dehors de la Bataille des villages, il est aussi possible de s’inscrire aux Jeux en équipe tout au long de la semaine.
Pour cela, il suffit de « contacter l’hôtel pour savoir s’il y a de la place », explique Guy Noël, ajoutant que lorsque l’on « manque des participants, on trouve souvent quelqu’un dans la foule ».
Les Jeux s’ouvrent également à la relève, avec une soirée en partenariat avec l’Association des étudiants de l’Université de Saint-Boniface (AEUSB), destinée aux jeunes.
« On a ajouté un jeu le jeudi soir et on a approché l’USB », explique Johanne Noël. Cette dernière ajoute : « L’idée, c’est vraiment d’unir les jeunes ensemble et de leur faire découvrir cette tradition ».
La Bataille des villages
Moment fort de la programmation, la Bataille des villages réunit quatre communautés franco-manitobaines qui s’affrontent dans des équipes mixtes.
En 2025, la Bataille des villages a été remportée par Saint-Pierre-Jolys/Saint-Malo, tandis que le prix Team Spirit Award est allé à Sainte-Anne.
En 2024, Saint-Pierre-Jolys/Saint-Malo s’était également imposé, avec Lorette pour le Team Spirit Award. Les villages de Saint-Pierre-Jolys/Saint-Malo, Lorette, Saint-Anne et la Broquerie s’affronteront, avec un double défi, à la fois performer dans les épreuves et divertir le public.
Laneil Smith souligne que « chaque année est un succès » et que l’ambiance se joue aussi dans le défi de savoir porter la salle.
Pour 2026, les équipes sont celles de Lorette, Sainte-Anne, La Broquerie, et Saint-Pierre-Jolys/Saint-Malo.
Un hommage devenu une tradition
Parmi les moments les plus touchants des Jeux figure la remise du prix du Meilleur voyageur.
Créé en 2023, ce prix rend hommage à Denis L’Heureux, figure bien connue des Jeux, décédé la même année.
« Denis, c’était quelqu’un qui participait souvent aux Jeux, à chaque année », se souvient Laneil Smith.
« Il était toujours souriant, toujours positif, toujours respectueux envers ses adversaires », ajoute-t-elle.
Pour Guy et Johanne Noël, il allait de soi de souligner cet héritage : « Quand il est décédé, on a dit qu’il fallait faire quelque chose pour lui, honorer cet esprit-là, cet esprit sportif qu’il avait ».
Attribué au terme de la semaine, le prix du Meilleur voyageur ne récompense pas uniquement la performance.
« Ce n’est pas forcément celui qui gagne », précise Johanne Noël. « On cherche la personne qui félicite les autres, qui est chaleureuse, joviale, généreuse ».
Un esprit que Guy Noël résume simplement : « On cherche le meilleur esprit sportif ».
Et c’est peut-être l’illustration la plus juste des Jeux Voyageurs, une compétition où l’on vient tester sa force, mais surtout faire communauté.

