À 62 ans, le directeur général de la Division scolaire Louis-Riel (DSLR) a annoncé qu’il quittera son poste à la fin de l’année scolaire pour prendre sa retraite. Il revient sur ses années d’éducation et de leadership.
Après 37 ans dans l’éducation, dont presque dix en tant que directeur général de la DSLR, Christian Michalik a pris la décision de quitter son poste à la fin de l’année scolaire.
Une décision qu’il a annoncée lors de la réunion ordinaire du 3 février du conseil scolaire Louis-Riel. Tout en évoquant un sentiment de « gratitude », Christian Michalik dit que c’était « un moment naturel pour tourner la page ».
Après avoir étudié à l’Université de Saint-Boniface et à l’Université du Manitoba, Christian Michalik a commencé sa carrière en septembre 1989 en tant qu’enseignant au cycle intermédiaire à l’école Golden Gate, dans la division scolaire St. James-Assiniboia.
Quelques années plus tard, il est devenu enseignant et consultant au Collège Jeanne-Sauvé (1994-1999), puis a pris la direction de l’établissement en tant que directeur entre 1999 et 2005.
C’est en 2017 qu’il devient directeur par intérim de la DSLR, puis le directeur général depuis janvier 2019.
Le conseil d’administration de la DSLR lui a rendu hommage et salue son travail au travers de toutes ces années dans l’éducation.
« Son leadership n’a jamais consisté à maintenir le statu quo. Il s’est plutôt caractérisé par une gestion compatissante et fondée sur des principes, un engagement indéfectible envers la réussite des élèves et du personnel, et une approche audacieuse et visionnaire de l’avenir de l’apprentissage », peut-on lire dans une déclaration.
Cette envie de faire avancer les dossiers correspond bien aussi à ce que pense son confrère Alain Laberge, directeur général de la DSFM.
« Christian a fait énormément pour l’éducation en français. C’est une personne qui est proactive. Il amène des choses aussi qui sont souvent un peu hors des sentiers battus, mais qui sont très importantes. Et l’une de ses forces a été sa créativité. On a pu le voir avec tout ce qu’il a pu accomplir au fil des ans », dit Alain Laberge qui a commenté, pour La Liberté, le futur départ de Christian Michalik.
Humblement, et en réponse aux précédents commentaires, Christian Michalik tente de décrire ces années d’éducation, ainsi que les valeurs qu’il a voulu mettre au centre de son travail.
« Pour moi, l’école, ce n’est pas seulement un transfert de connaissances. Pour moi, l’école, c’est un engagement profond envers l’épanouissement humain. Et alors, si on se met d’accord là-dessus, que l’école, alors, en effet, ça nous oblige à être courageux, innovateurs. Et tout ça, finalement, c’est ce qui rend nos écoles vivantes et essentielles », souligne-t-il.
Malgré tout, cet engagement a pu être mis à rude épreuve.
Après 37 ans, le métier a évolué : les relations avec les parents et élèves, la technologie, la pénurie d’enseignants ou encore plus récemment la pandémie et les enjeux de santé mentale.
S’il confie que sa fonction peut paraître « plus difficile » aujourd’hui, le dg de la DSLR met avant tout l’emphase sur les progrès réalisés.
« Si l’on ne fait pas attention, on oublie quand même que les choses ont beaucoup évolué. Quand je pense à mon parcours depuis 37 ans, quand je pense à mon vécu, j’ai grandi comme élève francophone à Norwood, à Saint-Boniface, avant la création d’une Division scolaire franco-manitobaine.
« Nous n’étions pas convaincus qu’on pouvait apprendre en français. Et quand je vois ce qu’il se passe aujourd’hui, 33 % de nos élèves sont en immersion. Quand j’étais élève, l’immersion n’était qu’à ses débuts.
« Puis, quand je vois tout le travail qu’on a fait de vérité et de réconciliation, quand je pense à ce que j’ai appris, ainsi que mon rapport aux cultures autochtones, aux langues autochtones, on a quand même fait du progrès important, mais il y a encore beaucoup à faire. »
Cette question autochtone fait partie des accomplissements que Christian Michalik cite parmi les premiers.
Pour rappel, en 2016, la DSLR a commencé l’introduction de l’enseignement des langues autochtones en maternelle.
« Et aujourd’hui, tous les élèves, de la maternelle à la deuxième année, apprennent des langues autochtones. Ils entendent ou parlent, soit le l’Anishinaabemowin, le Cri ou le Mitchif », ajoute-t-il.
« Avec une ténacité collective, on arrive à faire quelque chose. Je vois mal comment on pourrait reculer de tout ça », poursuit-il.
En effet, Christian Michalik a insisté à plusieurs reprises : les réussites sont le fruit du travail de toute une équipe.
« C’est très important, parce qu’il n’y a rien de durable qui n’est pas un effort collectif », signale l’éducateur.
Et des efforts, Christian Michalik compte en faire jusqu’à la fin de son mandat.
Les dossiers du financement de la division ou encore la mise en place d’un service de garde avant et après l’école pour toutes les familles sont sur son bureau.
En attendant, il compte également travailler à la transition et donne quelques conseils à la personne qui le succédera, même si pour l’instant aucun individu n’a été désigné par la division scolaire pour prendre le poste.
« Le dialogue, c’est ce que j’ai toujours souhaité, et je pense que c’est ça qu’on a bâti, finalement : une culture de dialogue et de la co-construction. Que ça soit avec nos parents, que ça soit ensemble comme personnel, et avec nos élèves, c’est ça l’enseignement.
« Quant à mon conseil, c’est ça, c’est de co-construire avec la communauté l’avenir ici dans la Division scolaire Louis-Riel. »


