Le Premier ministre canadien Mark Carney se rend cette semaine en Inde pour tenter de relancer les échanges commerciaux bilatéraux et réparer une relation fracturée, première étape d’une tournée en Asie et en Océanie visant à réduire la dépendance du Canada à l’égard des Etats-Unis.
Le Canada, qui est l’une des principales cibles de la guerre commerciale lancée par Donald Trump, est à la recherche de nouveaux marchés pour s’émanciper des Etats-Unis, son premier partenaire commercial loin devant la Chine.
Mark Carney doit s’envoler jeudi pour l’Inde, partenaire avec lequel il dit vouloir plus que doubler les échanges, pour les porter à 70 milliards $ d’ici 2030.
“Dans un monde plus incertain, le Canada se concentre sur ce qu’il peut contrôler”, a-t-il expliqué dans un communiqué. “Nous nouons de nouveaux partenariats à l’étranger afin d’amener plus de certitude, de sécurité et de prospérité au pays”.
Les deux pays se sont mis d’accord l’an dernier pour ouvrir des négociations autour d’un nouveau traité de libre-échange.
M. Carney doit arriver en Inde samedi et sa rencontre avec son homologue Narendra Modi, avec pour enjeu de rétablir des liens pratiquement rompus par la crise qui avait déchiré les deux pays en 2023, sera particulièrement scrutée. Ottawa avait alors accusé New Delhi d’avoir orchestré l’assassinat, à Vancouver, d’un séparatiste sikh naturalisé canadien.
L’Inde a toujours catégoriquement nié toute responsabilité dans cette affaire.
La crise avait conduit les deux pays à ordonner l’expulsion de leurs ambassadeurs réciproques et porté un sérieux coup à leurs relations commerciales qui, en 2023, avait représenté quelque 28 milliards $ d’échanges de biens et services.
New Delhi et Ottawa ont toutefois commencé à renouer leurs liens en juin dernier à l’occasion du G7 au Canada, auquel le Premier ministre indien avait été invité. A l’issue d’une rencontre bilatérale, les deux dirigeants avaient convenu de nommer de nouveaux ambassadeurs qui, depuis, ont pris leurs fonctions.
– Diversifier les échanges –
La tournée de Mark Carney en Asie et en Océanie, prévue jusqu’au 7 mars, doit aussi le mener en Australie et au Japon.
Devenu l’une des voix les plus critiques de l’administration Trump, le Premier ministre canadien estime que l’ordre mondial dominé par les Etats-Unis est en déclin et ne sera pas restauré même avec le départ du président américain.
Les taxes douanières américaines affectent des secteurs clés de l’économie canadienne, comme l’automobile, l’acier, le bois d’œuvre ou l’aluminium.
La majorité des échanges bilatéraux reste toutefois exemptée de droits de douane, Washington continuant à respecter une grande partie de l’actuel accord de libre-échange nord-américain.
Mais Mark Carney considère que pour préserver l’avenir économique du Canada, le pays doit absolument diversifier ses échanges commerciaux.
En Australie, M. Carney doit s’entretenir avec le chef du gouvernement, Anthony Albanese. Cette visite sera axée sur la sécurité économique, les ressources minières et la défense, selon Canberra.
“Alors que nos pays font face à de nouveaux défis et de nouvelles opportunités, nous devons renforcer la coopération avec nos partenaires pour promouvoir nos intérêts nationaux”, a déclaré M. Albanese.
Au Japon, Mark Carney rencontrera la cheffe du gouvernement Sanae Takaichi, dotée d’une majorité renforcée au parlement.
Mi-janvier, le dirigeant canadien s’était rendu en Chine où il avait scellé, selon ses termes, “un accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane” avec Pékin.
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