C’est celui d’un ours polaire saisi à Churchill par le photographe manitobain Jean-Pierre Parenty.
Depuis quelques jours à peine, 46 de ses clichés transforment le couloir vitré de l’hôtel en une véritable immersion arctique.
Photographe animalier, Jean-Pierre Parenty s’est spécialisé depuis une dizaine d’années dans la faune canadienne.
« Je suis Canadien et j’aime chercher, photographier et représenter la faune canadienne », confie-t-il.
Né et élevé au Manitoba dans une ferme, Jean-Pierre Parenty nourrit depuis l’enfance une passion pour les animaux et la photographie.
« La partie qui m’intéresse et que j’adore, c’est être en nature, chercher des animaux, les trouver et puis essayer de les capturer dans mon appareil photo », dit-il.
S’il a longtemps parcouru le monde, c’est désormais vers le Nord qu’il tourne son objectif, et plus particulièrement vers Churchill, cette localité de la baie d’Hudson capitale mondiale de l’ours polaire. L’idée de l’exposition est née d’un appel de l’hôtel, il y a environ un an.
« L’Hôtel Fort Garry m’a appelé pour créer une galerie dans la passerelle arrière de l’hôtel. Et ils ont demandé que ce soient des photos d’animaux de Churchill », explique-t-il. Une demande sur mesure pour celui qui fréquente régulièrement la région.
« Je vais à Churchill très souvent, donc j’ai beaucoup de photos que j’ai prises là-bas », souligne le photographe.
L’ours polaire en vedette
Sur les 46 clichés sélectionnés, la vedette ne fait aucun doute. Quelques renards arctiques s’invitent çà et là, mais ce sont surtout les ours polaires, emblèmes de la ville de Churchill, qui occupent la majorité de la passerelle.
Un choix cohérent avec le fil conducteur imaginé par le photographe : offrir au visiteur l’impression d’une promenade nordique.
« Je voulais que ce soit une marche, comme si on marchait dans la nature à Churchill et qu’on voyait des ours en marchant à côté de nous », dit Jean-Pierre Parenty.
L’expérience est d’autant plus saisissante que les images sont imprimées en très grand format : 60 pouces par 50 pouces chacune.
Pour atteindre une telle qualité d’agrandissement, la netteté est impérative. Sur des milliers de clichés capturés lors d’un séjour d’une semaine, une poignée seulement passera l’épreuve du tri.
« En revenant avec des milliers de photos, il n’y a souvent qu’une douzaine de photos au maximum que j’imprime et qui sont de la qualité qui me satisfasse. On est sur une moyenne de une sur mille », dit-il. L’installation n’a toute- fois pas été sans défis.
Contrairement à ses expositions traditionnelles, accrochées sur des murs, les œuvres de l’Hôtel Fort Garry sont imprimées sur des autocollants géants, collés directement sur les fenêtres de la passerelle.
« Il y a beaucoup de lumière qui vient de l’extérieur, c’était difficile de choisir les bonnes photos. »
Les scènes trop blanches, un ours polaire sur la neige par exemple, perdaient en contraste sous l’effet du contre-jour.
« Il fallait donc des photos avec un fond plus foncé pour pouvoir voir la nuance entre l’ours et le fond », explique Jean-Pierre Parenty.
Guidé par l’émotion
Mais au-delà de la technique, c’est l’émotion qui guide son choix. « Il y a toujours une photo préférée du voyage. C’est presque toujours une photo où il y a des émotions. »
Le cliché qui le touche particulièrement dans cette exposition est né d’un face-à-face avec un ours. L’ours, curieux, s’est approché à une vingtaine de mètres du véhicule du photographe.
« Je me rappelle d’avoir eu le contact avec l’ours. Il m’a vraiment regardé, on s’est regardé dans les yeux, lui et moi, c’est là que j’ai pris la photo », dit-il avec émotion.
Lorsque Jean-Pierre Parenty en parle, le souvenir est encore vif.
« Le cœur bat quand ça arrive, il y a de l’adrénaline qui coule. C’est un sentiment de communication, de connexion rare, presque comme si on s’était parlé », confie-t-il.
C’est cette intensité qu’il espère transmettre aux passants.
« J’espère que pour les gens qui vont passer dans la galerie, quand ils regardent cet ours, peut-être que, s’ils le regardent dans les yeux, ils auront un peu un sentiment de connexion », dit-il.
Si l’exposition est permanente et accessible au public, son ambition dépasse la simple contemplation.
« Le plus je partage des belles photos d’animaux sauvages, le plus les passants vont s’intéresser aux animaux sauvages. Et le plus ils seront intéressés de les protéger. »
Derrière la beauté spectaculaire des photos, c’est donc aussi un appel à la préservation de la faune nordique qui se dessine.

