Lorsque les résidents de Winnipeg fêtaient au Fort Gibraltar lors du Festival du Voyageur, les célébrations n’étaient seulement reléguées à la région urbaine. Hors de la ville à La Broquerie, les enfants de la garderie Les P’tits Brisous se divertissaient avec des activités planifiées par Cédelynn Lachance, Rachelle Moroz et Jocelyn Fournier.
Parmi la programmation s’étendant sur deux semaines, ils ont eu la chance de faire de la tire d’érable, de participer à des chansons et danses traditionnelles des voyageurs et d’en apprendre davantage sur les animaux de la région et les fourrures que portaient les voyageurs.
Les enfants ont aussi eu la chance de participer à un défilé de mode avec des capots et des barbes en laine, sur un arrière-plan de musique de guitare joué par les élèves bénévoles de l’école communautaire. Cela leur a aussi donné l’occasion de partager leurs danses apprises avec des enfants d’autres groupes du centre, ce qui donne de la fierté à l’équipe d’éducatrices qui l’a planifié.
Une ceinture fléchée créée par les enfants
Mais la pièce maîtresse de ce mini-festival est une ceinture fléchée créée par les enfants aux couleurs qu’ils ont eux-mêmes choisies.
Cédelynne Lachance, éducatrice en jeune enfance à la garderie, partage que le processus de choisir ces couleurs n’a pas impliqué trop de réflexion de la part des enfants. Elle explique que la ceinture s’agit d’une sorte de miroir représentant des sentiments et des intérêts intuitifs des enfants, avec les couleurs de l’administration du centre au milieu.
Les bleus présents dans la ceinture reflètent l’eau dans laquelle les enfants aiment jouer en été, ainsi que les couleurs vibrantes des aurores boréales qu’ils ont vues récemment.
Les rouges représentent non seulement les Habs de La Broquerie (leur équipe de hockey jeunesse), mais aussi le Pokémon, un jeu auquel les enfants d’âge scolaire sont toujours passionnés.
Du même manière, le vert n’est pas seulement une image de l’herbe qui entoure le village, mais aussi une couleur préférée de beaucoup des participants à la conception de la ceinture.
« On ne savait même pas comment elle aura l’air enfin, et c’est vraiment ça la meilleure chose, dit-elle en partageant le processus et son résultat.
La ceinture fléchée est actuellement encadrée dans le couloir de la garderie, là où les enfants et leurs parents peuvent admirer le résultat de leur travail. Comme elle a attiré l’attention de la communauté élargie, des photos sont aussi disponibles sur la page Facebook du centre.
La participation communautaire
De la même façon que le Festival du Voyageur s’agit d’un rassemblement communautaire à Saint-Boniface, les activités des P’tits Brisous ont aussi rassemblé les résidents de La Broquerie.
Lorsque les éducatrices cherchaient de la laine pour leur projet de ceinture, elles partagent que les résidents les ont soutenu en masse. Des familles de La Broquerie, du village voisin de Saint-Anne et même une famille avec leur propre entreprise de textiles ont déposé des sacs remplis de laine aux portes du centre.
Cédelynne Lachance est ravie d’avoir tout cet accueil, disant qu’il y a maintenant assez de laine pour d’autres projets à la garderie. Elle nomme un groupe de tricot et de crochet comme des initiatives prévues pour l’avenir.
De plus, elles ont donné de la laine aux enfants à ramener à leurs écoles afin de faire leurs propres ceintures en classe. C’était dans ces ateliers au-delà du centre qu’ils ont appris à utiliser le métier à tisser, une compétence qu’ils ont ramenée pour aider à la confection de la ceinture lui-même.
« C’est vraiment eux-mêmes qui ont remarqué mes erreurs, mais ils ont chacun eu la chance de tout mettre en place. Les petits ont aussi eu l’occasion d’aller voir le travail des groupes scolaires, ajoute-elle fièrement.
Un livret pour trouver des ressources
Ce n’est pas seulement la ceinture, par contre, qui a reçu l’attention de la communauté. Cédelynn Lachance note également que la recette de confiture mangée avec le pain banique vient de la famille d’un des membres du personnel. Les fourrures démontrées lors des activités ont aussi été apportées avec plusieurs informations supplémentaires par un résident de La Broquerie.
De plus, les familles pouvaient joindre les enfants pour une dégustation de tire d’érable en avant du centre, servie par la directrice adjointe.
« On avait de la musique et une petite table avec des fourrures de castors. On avait aussi des grosses enseignes qui s’appelaient cabanes à sucre. Les enfants et les parents ont beaucoup aimé ça. »
Afin d’aider les autres municipalités rurales, ainsi que les générations de l’avenir, elle rédige maintenant un livret avec toutes les activités et informations apportées à leur festival, partageant qu’il n’y a pas pour le moment de ressources officielles pour les écoles ou les garderies qui souhaitent célébrer chez eux.
L’espoir avec tout cela, dit-elle, est d’apporter le festival pour les familles qui n’ont pas le temps d’aller en ville pour y assister.
