D’abord, l’on peut s’intéresser aux opinions de la population manitobaine à propos de l’intelligence artificielle.
Les données montrent un virage notable vers l’hostilité ou l’inquiétude. En effet, 54 % des personnes interrogées par Probe Research (1) en 2026 ont des opinions négatives sur l’IA, contre 41 % en 2025.
La proportion de personnes ayant une opinion très négative a presque doublé, passant de 14 % à 27 %.
Quant aux opinions positives, bien que le total soit passé de 28 % à 36 %, l’opinion très positive reste marginale et stable à 6 %.
Aussi, les citoyens indécis ou neutres ne représentent plus que 11 %, contre 30 % l’année précédente.
Des opinions négatives, voire très négatives
Malgré les réserves exprimées, 67 % des Manitobains ont utilisé un outil d’IA au cours de l’année écoulée, dont 16 % quotidiennement.
Les types d’utilisation les plus fréquents sont : obtenir des informations sur la santé/le bien-être (44 %) ou accomplir des tâches liées au travail ou aux études (39 %).
Par ailleurs, les personnes sondées exigent de la transparence quand ça vient à l’utilisation de l’IA. 95 % estiment que tout contenu en ligne utilisant l’IA doit être clairement identifié.
Seuls 31 % des Manitobains pensent qu’il existe actuellement assez de protections pour garantir un usage responsable par les individus et les entreprises. Toutefois, ce chiffre est en progression (10 % en 2025).
Sur ce sujet, le gouvernement provincial a annoncé récemment qu’il allait lancer des consultations publiques sur l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Pour plus de transparence et de protection
« La population manitobaine mérite des mesures de protection solides, des règles claires et un gouvernement qui n’hésite pas à intervenir lorsqu’une technologie menace leur vie privée, leur sécurité ou leurs droits fondamentaux », avait notamment commenté e ministre de l’Innovation et des Nouvelles technologies, Mike Moroz.
Selon les résultats des consultations, le gouvernement du Manitoba pourrait fixer des limites d’âge pour l’accès à l’IA et exiger du secteur privé qu’il obtienne un consentement dans le cadre d’un processus d’adhésion pour utiliser les données des Manitobains et des Manitobaines, avait prévenu le gouvernement du Manitoba.
Probe Research a aussi interrogé les Manitobains sur l’enjeu des centres de données, infrastructure essentielle pour le déploiement de l’IA. Ces infrastructures nécessitent beaucoup d’énergies, notamment de l’électricité.
62 % des citoyens s’inquiètent justement de la consommation d’électricité et d’eau de ces infrastructures.
Aussi, alors qu’un tiers des personnes interrogées estiment désormais que le gouvernement provincial devrait encourager activement les entreprises à construire des centres de données dans la province, la moitié d’entre elles s’y opposent, dont plus de trois sur dix qui désapprouvent fortement la création de ces installations.
L’IA au travail
L’analyse s’est aussi attardée sur l’IA dans le monde du travail.
77 % des Manitobains craignent que l’IA ne supprime des emplois, une hausse par rapport aux 74 % enregistrés en 2025.
Contrairement aux craintes du public, les dirigeants d’entreprises sont beaucoup moins enclins à prévoir des licenciements liés à l’IA.
En effet, 74 % des chefs d’entreprise prévoient que l’IA n’aura aucun impact sur la taille de leur main-d’œuvre, seuls 8 % prévoient une diminution d’effectifs (en baisse par rapport aux 14 % de 2025) et 6 % anticipent une croissance de leur personnel grâce à l’IA.
À noter tout de même que les grandes entreprises (50+ employés) sont plus susceptibles (24 %) de prévoir une réduction de personnel que les petites structures.
Enfin, il a été remarqué que 60 % des organisations n’ont pas adopté l’IA au-delà des fonctions déjà intégrées nativement dans leurs logiciels existants.
(1) Pour l’enquête grand public, 725 adultes manitobains issus d’un panel en ligne ont été interrogés. Pour l’enquête chefs d’entreprise, 202 propriétaires et gestionnaires d’entreprises manitobaines ont été interrogés.

