Un soulagement financier majeur pour un média essentiel à la francophonie provinciale.
Le 14 avril, la radio communautaire Envol 91 annonçait avoir signé une nouvelle Entente avec Radio-Canada concernant la location d’une antenne-relais.
En octobre 2025, Envol 91 tentait d’ouvrir les négociations avec le diffuseur public et de faire changer les coûts de locations, dont l’impact sur la vitalité financière de la radio était trop important.
À un peu moins de 35 000 $ par année, la location de la tour représentait le deuxième plus gros poste de dépenses de la radio communautaire derrière les salaires.
Afin de rejoindre ses auditeurs, dont le nombre est estimé, selon la direction, à plus de 120 000 en 2025, Envol 91 n’a pas d’autre choix que de passer par cette tour de transmission, située à Starbuck.
Cette dernière permet de couvrir les ondes d’une large partie de la province, de Gimli aux frontières ontarienne et américaine, jusqu’à Portage-la-Prairie.
Finalement, après plusieurs mois de discussion, Radio-Canada et la radio communautaire francophone ont pu trouver un terrain d’entente.
Si les tenants et aboutissants du contrat restent de nature confidentielle, Denis-Michel Thibeault, directeur général d’Envol 91, se dit satisfait du résultat des négociations.
« Je suis content du type d’entente que l’on a. Je pense que cela va nous permettre de la prévisibilité à long terme et c’est quelque chose qui va nous permettre de concentrer nos efforts financiers ailleurs. »
Le coût de la location a donc été diminué selon une nouvelle formule de calcul.
Leon Mar, Premier directeur, Affaires publiques / Relations avec les médias et Gestion des enjeux pour Radio-Canada indique que l’entente signée avec Envol 91 FM « pourrait servir comme modèle pour nos accords actuels avec d’autres radios communautaires en milieu minoritaire ».
Sans rentrer dans les détails, Denis-Michel Thibeault explique que cette nouvelle formule comporte un prix minimum et maximum établi sur la base des revenus annuels de la radio communautaire francophone.
En l’état, l’entente permet à Radio-Canada de couvrir ses frais, et assure à Envol 91 FM un prix exerçant moins de pression sur ses finances.
L’année dernière, en entrevue avec La Liberté dans l’édition du 22 au 28 octobre 2025, le directeur général de la radio avait invoqué la Loi sur les langues officielles pour appeler Radio-Canada à reconnaître son rôle dans l’épanouissement de la francophonie manitobaine.
Il a donc fallu un peu de temps pour entamer le dialogue, mais Denis-Michel Thibeault salue la collaboration du diffuseur public.
« J’ai senti que l’on a été traité avec beaucoup de respect et d’égal à égal. »
Il souligne un besoin de travailler ensemble et l’importance, en tant que seule radio communautaire indépendante francophone du Manitoba, de pouvoir compter sur le soutien de grands groupes comme Radio-Canada.
« Nous ne sommes pas compétiteurs. Nous n’avons pas les mêmes ressources. Je pense qu’il faut se voir comme complémentaires.
« Je pense que l’écosystème francophone va bénéficier du fait que l’on est plusieurs médias francophones et qu’ils réussissent. Un écosystème en santé, ça veut dire que les francophones ont plus, je crois qu’un monopole ne servirait pas la francophonie. »
De son côté, Leon Mar, porte-parole de la société de la Couronne, souligne lui aussi l’importance de la collaboration.
« CBC/Radio-Canada est préoccupée par la santé de l’information au pays. Nous avons besoin de médias dynamiques, diversifiés et dignes de confiance. Nous voulons faire tout notre possible en ce sens. Par exemple, dans certaines régions, notamment à Iqaluit et Rimouski, nous offrons nos bulletins de nouvelles à des radios communautaires.
« Il est impératif de mieux collaborer. L’entente avec Envol 91 FM fait preuve de cette volonté. »
Initiative de journalisme local

