Mais l’annonce, intégrée tardivement au budget 2025 de la Ville de Winnipeg, a provoqué des tensions au conseil municipal.
Le Musée de Saint-Boniface recevra un demi-million supplémentaire de la part du gouvernement provincial.
520 000 $ de plus, pour être exact, qui serviront à terminer les travaux de rénovation et de mise à niveau du plus ancien bâtiment de Winnipeg.
Ces travaux avaient débuté en 2024 avec la remise en état du toit au cœur des inquiétudes.
Les premières estimations des coûts à l’époque s’élevaient à environ 1,4 million de $, mais la note se situe aujourd’hui à 6,7 millions de $, selon Brigitte Bouchard.
Brigitte Bouchard occupe le poste de présidente du conseil d’administration du Musée de Saint-Boniface depuis le mois de janvier 2026.
Et si force est de constater que les coûts des travaux ont grimpé en flèche depuis le lancement des opérations de rénovations, la présidente estime que l’inflation des prix des matériaux n’est pas mise en cause ici.
« Comme tout projet de construction, il y a toujours des surprises. Les estimations de l’entrepreneur général, mais aussi des fournisseurs, comprenaient une certaine planification des choses qui pouvaient changer. La dernière surprise, c’est par exemple l’âge des canalisations d’acheminement d’eau vers le musée, qui devront être remplacées. »
Quant à savoir qui paiera la facture, sans pouvoir donner de coût exact pour cela, Brigitte Bouchard indique que le Musée et la Ville sont en cours de discussion pour « s’entendre sur les responsabilités respectives ».
Elle fait savoir que le montant des sommes formellement engagé à l’endroit du musée pour ces travaux est, au moment d’écrire ces lignes, le vendredi 6 mars, de 4,5 millions $.
Environ 3 millions de 4 du gouvernement fédéral, 780 000 $ de la part de la province (en incluant le 520 000 $ récemment ajoutés) et 300 000 $ de la Ville.
Lorsque les travaux ont débuté, l’on espérait une réouverture du musée à l’été 2026. Seulement, au vu de la situation actuelle, l’objectif a été repoussé au mois de septembre 2026, après la saison.
« C’est vraiment triste, mais nous espérons trouver les fonds pour le reste des réparations afin de rouvrir à temps pour le 175e anniversaire du musée. On vise le 7 septembre. »
Un investissement source de frustration
Il convient de noter que cette somme, si elle provient du gouvernement provincial, passe en réalité par le budget de la Ville de Winnipeg.
Le budget 2025. Or, cet investissement a été validé lors du Conseil Municipal du 26 février 2026.
Non sans provoquer une certaine frustration au sein du conseil. C’est ce qu’a déclaré le maire de Winnipeg, Scott Gillingham, durant sa prise de parole pendant la rencontre de conseil du vendredi 26 février.
« Autour de cette table, nous sommes tous préoccupés et, dans une certaine mesure, frustrés que la Province ait apporté un changement d’allocation aussi tard en 2025. Je peux vous dire que, sur le plan politique, nous avons eu des conversations pour nous assurer d’un engagement mutuel afin que les discussions pour 2026 et pour toutes les années à venir, en ce qui concerne l’enveloppe d’infrastructures stratégiques, soient claires et aient lieu tôt dans l’année, afin que nous soyons tous sur la même longueur d’onde. Nous devons nous assurer que, si la Province a des intentions ou des plans concernant l’allocation de la Ville dans l’enveloppe d’infrastructures stratégiques, nous en soyons informés tôt. »
En fait, l’argent provient d’une enveloppe de 93,9 millions de $ issus du Programme de financement stratégique des infrastructures de Winnipeg (PSAW).
Glen Simard, ministre des Relations avec les municipalités et le Nord et ministre responsable des Affaires francophones, souligne que cette enveloppe, distribuée en 2025, était « inconditionnelle, ce qui signifie que la Ville pouvait dépenser les fonds comme elle le souhaitait ».
Mais le gouvernement est revenu sur cette décision à travers ses amendements qui ont forcé une révision du budget 2025 à la Ville. Révision pour laquelle 11 conseillers ont tout de même voté en faveur.
La réponse obtenue par La Liberté, de la part du ministre Glen Simard, ne nous informe pas quant à savoir pourquoi la Province a choisi de faire connaître ses priorités aussi tard.
Pour ce qui est des modifications d’allocations, ces dernières concernent donc, le Musée de Saint-Boniface, à hauteur de 520 000 $ ainsi qu’Assiniboine Park Conservancy Animal Healthcare qui reçoit, lui, 4 millions de $.
Toutefois, la Ville ne pouvant pas se permettre de creuser un déficit dans son budget, l’argent a dû être retiré à d’autres projets/programmes.
À savoir des programmes d’investissement pour des aires de jeux d’eau, ainsi qu’un programme d’amélioration de la sécurité routière.
Environ 2 millions de $ ont été retirés des deux programmes. Brian Mayes, conseiller municipal pour Saint-Vital, même s’il se réjouit de voir de l’argent injecté vers le Musée de Saint-Boniface, comprend, malgré tout, la frustration de ses collègues au conseil municipal.
« Certains projets d’aires de jeux d’eau seront repoussés, c’est le cas de celui de ma circonscription, mais d’autres ont simplement été annulés. Vous vous battez pour ces projets dans le budget et quelqu’un les annule des années plus tard. Je ne trouve pas ça juste que l’on repousse un certain projet pour en annuler d’autres complètement. »
Le projet d’aire de jeux d’eau mort dans l’œuf était prévu dans la circonscription de Sherri Rollins, Fort-Rouge, Est Fort Garry.
« Il y a toujours des retours sur les projets que la Province souhaite voir prioriser, mais c’est la première fois, je crois, que cela prend autant de temps. »
Initiative de journalisme local.

