Ces derniers jours, la Ville de Winnipeg encourage la population à agir pendant la Semaine d’action contre le gaspillage alimentaire.

« La Ville encourage les membres de la population à adopter une habitude simple qui leur permettra de réduire le gaspillage alimentaire chez eux », dit-elle et rappelle que « la plupart des gens jettent plus de nourriture qu’ils ne le pensent. »

En effet, selon le rapport annuel 2025 de l’organisme Deuxième Récolte, 46,5 % de toute la nourriture au Canada est gaspillée chaque année.

Aussi, bien que le gaspillage alimentaire global au Canada a diminué de 20 %, le gaspillage alimentaire évitable (aliments comestibles qui auraient pu être consommés) a augmenté de 6,5 %.

Deuxième Récolte estime d’ailleurs que 41,7 % de ces aliments gaspillés pourraient être récupérés pour soutenir les communautés à travers le pays. 

À l’intérieur de cette Semaine d’action contre le gaspillage alimentaire, RECYC-QUÉBEC participe à la campagne nationale J’aime manger, pas gaspiller, portée par l’organisme FoodMesh depuis 2025.

Enjeu économique et environnemental

Isabelle Moïse, Directrice des opérations, Dossiers et développement stratégiques chez RECYC-QUÉBEC, évoque cet enjeu qui a autant un coût économique qu’environnemental.

« En 2026, on prévoit qu’une famille canadienne va dépenser en moyenne 17 500 $ en nourriture. Et de ce montant-là, il y a quand même 1 300 $ de nourriture qui est gaspillée.

« Donc, c’est un enjeu d’une part économique pour l’économie familiale, mais c’est un enjeu aussi environnemental.

« En revanche, des efforts ont été faits. Je pense à l’accès au compostage qui est est mieux organisé. Donc ça, c’est un élément qui aide. Mais, le compostage, c’est aidant pour éviter que les aliments se retrouvent à l’élimination.

« Néanmoins, l’idée, c’est d’amener les gens à réduire en amont du compostage. Puis pour ça, ça prend des actions de sensibilisation. »

Isabelle Moïse, directrice des opérations chez RECYC-QUÉBEC.
Isabelle Moïse, directrice des opérations chez RECYC-QUÉBEC. (photo : gracieuseté)

Parmi les actions pratiques à prendre, Isabelle Moïse donne l’exemple de la planification des repas.

« Dès le départ, si on ne planifie pas adéquatement nos plats ou ce qu’on veut faire, dès là, il y a un potentiel de perte éventuelle », lance la directrice des opérations.

« Ensuite, l’autre bout, c’est la conservation. C’est apprendre à mieux conserver. Il y a des exemples très simples.

« Si l’on pense à notre frigo, où placer les aliments pour mieux les conserver. Par exemple, l’on ne met pas une bouteille de lait ou un carton de lait dans la porte, on les met à l’intérieur du frigo, parce que la porte, c’est l’endroit le plus chaud, donc la conservation sera plus longue.

« La planification, c’est le point de démarrage, la conservation, c’est la suite logique. Puis après ça, on a toute la question de la réutilisation et comment transformer adéquatement nos aliments. »

Vérifiez le contenu de votre réfrigérateur avant de faire vos courses, congelez les aliments comme le pain, la viande et les légumes pour les empêcher de se gâter rapidement ou encore ravivez les légumes flétris en les mettant dans de l’eau glacée sont d’autres astuces partagées par la Ville de Winnipeg. 

Donner une seconde vie à certains restes

Sûrement, les fruits et les légumes représentent un défi supplémentaire. Les fruits et légumes comptent pour 45 % des aliments gaspillés, ce qui en fait la catégorie la plus touchée, signale RECYC-QUÉBEC.

« Ce sont souvent les premiers oubliés », confie Isabelle Moïse. 

Pour les fruits et les légumes « il y a aussi la façon d’utiliser complètement l’aliment », signale Isabelle Moïse en prenant l’exemple de la pomme de terre.

« Parce que ce qu’on va retrouver dans le gaspillage, c’est par exemple les pelures de pommes de terre. Ces pelures font partie du 45 % d’aliments gaspillés. Mais ces éléments peuvent être utilisés. Les restes, ce n’est pas seulement la moitié d’une pomme de terre, ça peut être aussi les pelures. Il faut se demander ce qu’on peut en faire pour maximiser l’utilisation des aliments. »

À Winnipeg, les personnes qui souhaitent donner une autre vie à certains déchets comme les restes de fruits et légumes, le pain, les céréales, les pâtes, les restes de café moulu, les coquilles d’œuf et les déchets de jardin, peuvent les apporter à un poste de dépôt des déchets alimentaires.

La Ville transforme tous les déchets collectés en compost. Les postes de dépôt ont permis de détourner 529,68 tonnes métriques de déchets alimentaires de la décharge depuis octobre 2024, selon des données de la Ville de Winnipeg.