Le Canada suivra-t-il l’exemple de l’Australie qui est devenu en décembre 2025 le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans?
Les Canadiens et Canadiennes, interrogés par l’Institut Angus Reid (1), semblent le vouloir. En effet, une majorité (75 %) soutient cette initiative.
Parmi les parents ayant des enfants à la maison, le soutien à cette mesure reste fort, s’élevant à 70 %. Plus précisément, 73 % des parents dont l’enfant le plus âgé a entre 10 et 12 ans appuient cette interdiction complète, contre 63 % de ceux dont l’enfant le plus âgé a 16 ou 17 ans.
De plus, une proportion encore plus importante de la population (87 %) soutient l’idée d’interdire, au moins, certaines applications spécifiques aux moins de 16 ans, les plateformes les plus visées étant TikTok (88 %), X/Twitter (86 %) et Snapchat (84 %).
Ce niveau d’approbation élevé découle d’inquiétudes quasi unanimes concernant les risques pour les jeunes, notamment la santé mentale (94 %), la dépendance (94 %), les prédateurs en ligne (93 %), la désinformation (92 %) et le cyberharcèlement (90 %).
Aussi, une majorité de Canadiens (61 %) doute de la capacité des adolescents à utiliser les médias sociaux de manière responsable. Même chez les parents dont l’enfant le plus âgé a 16 ou 17 ans, plus de la moitié (51 %) partage ce scepticisme, soulignant la nécessité d’une surveillance continue.
Les résultats du sondage confirment d’ailleurs que les parents canadiens n’attendent pas une intervention gouvernementale pour agir ; une majorité d’entre eux encadrent déjà activement l’usage des réseaux sociaux de leurs enfants.
Parmi les parents dont les enfants de 10 à 17 ans utilisent les médias sociaux, 80 % rapportent avoir mis en place une forme de restriction. Seuls 19 % des parents dans cette situation déclarent n’imposer aucune règle.
Parmi les mesures de contrôle, l’on peut citer les restrictions sur certaines applications (52 %), une surveillance de ce que font leurs enfants en ligne (49 %) ou encore exiger l’accord avant tout téléchargement d’application (48 %).
Malgré ce fort soutien à une interdiction, il existe une dualité dans l’opinion publique : 72 % des Canadiens estiment que la responsabilité première de la régulation de l’utilisation des réseaux sociaux incombe aux parents plutôt qu’au gouvernement.
Aussi, en cas d’adoption d’une loi, les Canadiens sont clairs sur l’entité qui doit assumer les conséquences juridiques d’une violation : 80 % estiment que l’entreprise doit être sanctionnée si elle ne fait pas respecter la loi. Seulement 20 % pensent que la punition devrait s’appliquer aux parents ou tuteurs.
(1) L’Institut Angus Reid a mené un sondage en ligne du 11 au 17 mars 2026 auprès d’un échantillon aléatoire de 4 005 adultes canadiens.
