Ce projet ambitieux propose une relecture fantastique du célèbre criminel, alliant reconstitution historique et technologies de pointe.

Entre mythe et réalité historique

Passionné de mondes imaginaires depuis l’enfance, Jacques Léger s’attaque ici à son œuvre la plus complexe. Le film revisite le parcours de Jack l’Éventreur, dont les crimes ont terrorisé le Londres des années 1890.

Bien que le scénario mette en scène une victime fictive, le réalisateur s’est appuyé sur une recherche rigoureuse dans les archives du journal The Star pour garantir une fidélité d’époque.

Pour le cinéaste, l’objectif est de traiter le tueur comme une figure mythique, presque surnaturelle : « Nous voulions montrer un petit aperçu de ce monde, un scénario dans lequel nous pouvions rapidement plonger le public, affirme Jacques Léger.

« Ce personnage est entouré d’une aura légendaire qui le fait apparaître comme une force de la nature. C’est ainsi que nous voulons le dépeindre dans le film : comme une horreur inévitable. »

Une approche sensible et éthique

Conscient des enjeux liés à la représentation de la violence faite aux femmes, Jacques Léger a soumis son script à des collègues féminines du milieu cinématographique local afin d’en assurer la justesse émotionnelle.

« C’est censé être un récit émotionnel et tragique. Il est tout aussi important pour moi de rendre hommage aux victimes à travers notre protagoniste. »

L’innovation au service de l’immersion

Pour recréer l’atmosphère oppressante de Londres sans quitter le Manitoba, la production mise sur une stratégie hybride.

Une partie des scènes intérieures sera filmée dans la maison historique Dalnavert, tandis que les extérieurs exploiteront la technologie de production virtuelle du Studio Lab xR.

Grâce à un mur de DEL de sept mètres de haut synchronisé avec le logiciel Unreal Engine, l’équipe peut projeter et modifier des décors 3D en temps réel.

Cette technologie, que Jacques Léger utilise pour la première fois en tant que réalisateur de fiction, permet de simuler des ruelles victoriennes avec un réalisme saisissant.

« Avec une faible profondeur de champ sur l’objectif, on ne voit pas vraiment les failles du système. Nous consacrons beaucoup de temps à la conception de décors physiques afin de vraiment planter le décor, et de mettre en valeur la toile de fond projetée. C’est une technologie incroyable, si on sait s’en servir. »

Une aventure humaine

Le succès de ce défi repose avant tout sur un collectif soudé.

Jacques Léger s’entoure d’experts en nouvelles technologies et de collaborateurs de longue date, soulignant l’importance de la solidarité au sein de la communauté cinématographique manitobaine.

« C’est le meilleur sentiment, quand les gens veulent revenir et continuer à faire vos films. C’est ma plus grande réussite à ce jour, de réunir un petit collectif d’amis pour réaliser chaque année des courts métrages ensemble. »

Le tournage de Ripper débutera dans deux semaines.