Ce 30 avril marque le vernissage de Rétrospective : Colette Balcaen, la nouvelle exposition de l’artiste au Centre culturel franco-manitobain (CCFM).
Les dix œuvres présentées racontent un parcours multidisciplinaire de plus de 20 ans.
Jusqu’au 29 juillet, les visiteurs au CCFM auront la chance d’explorer dix oeuvres issues de la carrière de Colette Balcaen.
Parmi celles-ci, on retrouve des pièces traditionnelles en peintures acryliques, en broderie et en tricot.
Parallèlement, ses talents éclectiques sont en vedette avec des objets quotidiens reconstruits avec des matières inattendues et un éventail de vêtements représentant plusieurs décennies de sa vie.
Chacune de ces dix œuvres en vedette racontent une histoire vécue : son enfance, son parcours et la redécouverte de son esprit artistique.
La rétrospective
Ayant été enseignante pendant 31 ans, Colette Balcaen reconnaît l’importance de l’art comme manière d’expression et de jeu.
Pendant ses années à l’École Précieux-Sang et à l’École Lacerte, elle proposait à ses élèves des devoirs de dessin. Des bonhommes, des oiseaux et même des gribouillis étaient tous nommés comme sujets communs dans ses leçons.
Lorsque les élèves ne savaient pas comment dessiner quelque chose, cela permettait aux plus habiles de partager leurs compétences avec leurs camarades.
« Il n’y a rien comme des enfants qui nourrissent la créativité. J’ai absorbé ça. J’étais vraiment à leur écoute, », affirme-t-elle.
Bien qu’elle suivait déjà des cours à temps partiel à l’Université du Manitoba depuis 1996, elle est arrivée à un point où elle ne pouvait plus continuer les cours du soir.
C’était le moment de prendre sa retraite, et elle en a profité pour compléter son baccalauréat en beaux-arts.
Elle affirme que cette décision l’a beaucoup aidée à faire évoluer son approche à l’art, touchant sur le fait que la littératie a eu un impact sur son parcours dans les années suivantes.
L’histoire
« Il y a toujours un concept à mes œuvres, déclare-t-elle. Et ces concepts sont mes réflexions, mes observations et surtout mes sentiments de ce que j’ai vécu au cours des années. C’est ma poésie, d’une façon – la poésie de ma vie comme femme. »
Cette « poésie » revêt de nombreuses formes visuelles, mais ce sont les textiles, et en particulier les textiles transparents, qui la fascinent le plus.
Elle les utilise notamment dans certaines œuvres, en association avec des paroles calligraphiées. Ces textes sont généralement des récits tirés de sa propre vie, tandis que d’autres relèvent de son imagination.
En réfléchissant sur son enfance, elle partage qu’elle a vécu dans un temps où, à l’école, elle avait besoin d’apprendre comment mentir pour assurer sa sécurité et maintenir sa francophonie.
Ces dures leçons qu’elle a apprises lui ont révélé la force et la résilience des femmes qui l’entouraient, toutes confrontées à des contraintes religieuses et sociales.
C’est cette perspective féministe qui l’a inspirée à créer plusieurs œuvres sur ce thème.
Le discours
Pour des tels projets dans l’exposition, elle tourne l’attention vers « La révolution tranquille », qu’elle a fait en 2014. C’est un chapeau, semblable à ceux que sa mère portait, qui a l’air d’une assiette virée à l’envers sur la tête.
Comme la plupart des œuvres de la collection, celle-ci raconte une histoire vraie, étroitement liée à l’Église et aux difficultés rencontrées par les femmes au sein de cette institution, à l’image de sa mère.
« La révolution tranquille » a fait partie de l’exposition Hats of a Life Lived, dans laquelle environ 40 chapeaux ont été transformés de manière créative par plusieurs artistes.
Ils provenaient tous d’une femme ukrainienne. Et pour Colette Balcaen, l’inspiration résidait dans l’idée de voir les chapeaux d’une vie réellement vécue.
« Tu pouvais voir l’évolution de sa vie à travers eux, ainsi que les changements de la mode », souligne-t-elle.
La communauté
Aujourd’hui âgée de 79 ans, elle estime que le moment est venu de résumer son parcours.
En fin de compte, c’est l’aspect communautaire qui la ramène à chaque fois, affirmant qu’elle se sent plus à l’aise entourée des Franco-Manitobaines qu’elle connaît depuis plusieurs années.
Cette fois-ci, elle a envie de partager encore ce qu’elle a appris à travers les années.
Les 5 et 12 mai, elle animera des ateliers de feutre au CCFM.
Les participants apprendront à utiliser le feutre et la laine pour illustrer des paysages ou des fleurs, mais Colette Balcaen précise que les œuvres peuvent prendre la forme de n’importe quel sujet choisi.

