Jusqu’au 23 mai, le Royal Manitoba Theatre Centre accueille Rubaboo – A Métis Cabaret, un spectacle musical et visuel qui plonge le public au cœur de la culture métisse à travers une expérience immersive et profondément humaine.

« Rubaboo est un festin musical qui rend hommage à plusieurs peuples, explique Andrea Menard, la créatrice du spectacle. Nous créons un rubaboo métaphorique, qui signifie “soupe” ou “ragoût” en langue mitchif, directement sur scène. »

Le spectacle met en vedette les œuvres de l’artiste métisse Leah Dorian et présente quatre artistes sur scène : Andrea Menard, Robert Walsh, Karen Donaldson Shepherd et Nathen Aswell.

Mêlant narration, musique et danse, ce spectacle de 90 minutes offre une célébration haute en couleur de la culture métisse.

Chacune des chansons, écrites par Andrea Menard et Robert Walsh, est destinée à incarner l’esprit de l’un des éléments sacrés : la terre, l’eau, le feu et l’air. En les mélangeant métaphoriquement – et d’une certaine manière physiquement, dans la grande marmite placée sur scène – les artistes concoctent un spectacle aussi riche en culture que profond de sens.

« Il y a une couple de chansons dont je suis très fier, dit Robert Walsh. La chanson Where’s God in this Place?, qui raconte l’histoire d’une jeune fille qui va dans un pensionnat autochtone, je trouve ça vraiment puissant. »

Il souligne également la présence de la langue mitchif tout au long du spectacle, avec des couplets qu’il espère que les francophones apprécieront et comprendront.

Les origines du spectacle

L’idée de Rubaboo a commencé à prendre forme pendant la pandémie, lorsque Dennis Garnhum, directeur artistique du Grand Théâtre de London, en Ontario, a demandé à Andrea Menard de créer un spectacle original.

« Elle m’a appelé tout de suite et on s’est dit qu’on devrait se mettre ensemble pour créer quelque chose, dit Robert Walsh, qui est également le directeur musical du spectacle.

Robert Walsh, directeur musical du spectacle.
Robert Walsh, directeur musical du spectacle. (photo : gracieuseté)

Il explique qu’au tout début de la création de la série, le duo a défini les grands thèmes qu’il souhaitait aborder, notamment les pensionnats et la violence faite aux femmes.

« Il y a des chansons qui explorent tout cela, dit-il. Mais ce que j’aime beaucoup, c’est le fait qu’on ne pointe jamais le doigt. C’est pas accusatoire. »

Un sentiment que partage Andrea Menard.

Elle souligne qu’il était important pour elle de créer un spectacle offrant un espace accueillant pour les spectateurs non-autochtones qui pourraient se sentir intimidés, coupables ou honteux face à l’histoire de la violence envers les peuples autochtones au Canada, afin qu’ils puissent en apprendre davantage sur ce sujet en douceur et mieux apprécier les cultures autochtones.

« Je voulais que les gens se sentent plus à l’aise de franchir la porte, car il y a beaucoup d’amour dans cette salle, ajoute-t-elle. Il y a beaucoup de petites prises de conscience, mais aussi beaucoup d’humour. »

Andrea Menard s’est également largement inspirée de ses pratiques spirituelles pour créer ce spectacle.

Puisant profondément dans la sagesse de ses ancêtres, elle explique que son processus créatif implique toujours de dialoguer avec ses grands-mères.

« J’ai développé cette relation avec le monde invisible. Les non-Autochtones appelleraient peut-être cela la muse.

« Je prends rendez-vous avec elles. Je leur dis que j’ai besoin de chansons, d’idées et de mélodies, et ainsi, pendant la méditation ou une promenade en forêt, une idée me vient et j’ai toujours mon téléphone à portée de main pour chanter ce qui me passe par la tête. »

Et la créatrice du spectacle souhaite partager ce lien spirituel avec son public afin de lui permettre de mieux ressentir et comprendre le peuple Métis.

« C’est la pratique spirituelle la plus profonde à laquelle je me sois jamais adonnée, car je dois tomber amoureuse d’un public chaque soir. Nous cultivons cet amour, cette relation avec le public. »

Initiative de journalisme local