À l’aide des données des recensements de la population de 1991, 2006 et 2021, l’étude de Statistique Canada se penche sur l’évolution des résultats sur le marché du logement de chaque cohorte générationnelle en lien avec le départ du domicile parental, la formation d’une famille et le statut d’accession à la propriété.

L’un des changements les plus marquants est la tendance des jeunes adultes à vivre plus longtemps chez leurs parents.

En 2021, 16,3 % des millénariaux vivaient avec leurs parents, soit environ le double du taux observé chez les baby-boomers en 1991 (8,2 %).

Chez les 25-29 ans, près d’un tiers (31,1 %) vivaient au domicile parental en 2021, contre 15,7 % en 1991.

Cette tendance est observée dans toutes les grandes villes canadiennes, mais elle est particulièrement aiguë à Toronto (26,1 %) et Vancouver (19,3 %), où les coûts du logement sont les plus élevés.

À Winnipeg, la proportion de personnes âgées de 25 à 39 ans vivant dans une famille de recensement avec leurs parents a plus que doublé, passant de 7,9 % en 1991 à 16,1 % en 2021.

Cette tendance est particulièrement marquée chez les 25 à 29 ans, où le taux est passé de 14,5 % à 31,9 % sur la même période.

Les millénariaux éloignés de la propriété

Aussi, les millénariaux rencontrent plus de difficultés à devenir propriétaires que leurs aînés.

Les membres de cette génération affichent un taux de propriété de 49,9 %, comparativement à 56,2 % pour la génération X et 55,9 % pour les baby-boomers au même âge.

Bien que l’accès soit retardé dans la vingtaine, l’étude observe un certain rattrapage vers la fin de la trentaine, bien que l’écart avec les générations précédentes persiste.

Parmi les raisons principales pour expliquer ces changements, l’analyse met de l’avant l’augmentation rapide des prix des maisons et des loyers qui crée des pressions financières majeures.

En effet, la valeur médiane des habitations est passée d’environ 200 000 $ en 1991 à environ 500 000 $ en 2021.

Les loyers ont également progressé de manière significative, particulièrement entre 2006 et 2021. Les frais sont passés d’environ 850 $ en 1991 (et 950 $ en 2006) à près de 1 200 $ en 2021.

À Winnipeg, après une période de stabilité entre 1991 et 2006 (autour de 800 $), les frais ont aussi bondi à environ 1 200 $ en 2021.

Pour un achat à Winnipeg, la valeur médiane des logements étain de 150 000 $ en 1991 à environ 200 000 $ en 2006, pour atteindre environ 350 000 $ en 2021.

L’étirement du parcours de vie

Autre raison, Statistique Canada fait état d’un phénomène parfois décrit comme un « étirement du parcours de vie ».

Les jeunes consacrent plus de temps aux études et au développement de leur carrière, ce qui retarde les jalons traditionnels comme le mariage ou l’achat d’une maison.

L’on remarque, par exemple, que la proportion de Canadiens âgés de 25 à 64 ans titulaires d’un diplôme d’études postsecondaires a augmenté, passant de 40 % en 2000 à 62 % en 2021.

Autre exemple le mariage, en 1991, 58,0 % des baby-boomers étaient mariés. Ce chiffre est tombé à 44,4 % pour la génération X (2006) et à seulement 35,3 % pour les millénariaux en 2021. 

« La formation plus tardive des familles et des parcours d’éducation plus longs, en partie liés à l’étirement du parcours de vie, ont probablement contribué à ce phénomène, tout comme des tendances culturelles distinctes de divers groupes démographiques », peut-on notamment lire dans l’étude.