Kamel Fekiri et son épouse Chérifa Bachiri sont les deux co-fondateurs de cet établissement privé francophone.

Ils travaillent depuis plusieurs années à la création de cet établissement et en seront aussi les deux professeurs, lors de la toute première rentrée en septembre.

Comme au mois d’avril, les personnes intéressées par cette nouvelle école pourront venir la découvrir un peu plus lors d’une journée portes ouvertes qui aura lieu ce samedi 6 juin de 13 h à 17 h, au 755 St Anne’s Road, à Winnipeg.

Kamel Fekiri confie avoir enregistré plusieurs inscriptions lors de la première rencontre, même si d’autres hésitent encore. Il explique pourquoi.

« C’est encore tout nouveau, donc les gens ne sont pas encore prêts à sauter le pas. D’autres n’ont pas du tout hésité parce qu’ils connaissent déjà le système AEFE (1), car ils avaient, par exemple, leur enfant déjà scolarisé dans ces écoles dans d’autres pays.

« D’autres ont trouvé l’idée intéressante, car on ne dépasse pas les 15 élèves par classe ou parce que nos locaux nous permettent d’avoir un grand espace extérieur. »

Présentement enseignant à l’École Christine-Lespérance de la DSFM, Kamel Fekiri rappelle un élément essentiel : bien que ce lycée soit français, il est ouvert à tous.

« Tout le monde est le bienvenu dans l’école. Qu’on soit Français, Canadien, Américain, Africain, qu’on parle le français ou non, l’école est ouverte à tous. Avec ma femme, nous sommes tous les deux habilités à enseigner à des non-francophones, on a des diplômes pour ça. »

Le co-fondateur ajoute une donnée : « dans les écoles françaises à l’étranger, 60 à 70 % des inscrits ne sont pas Français. »

Par ailleurs, Kamel Fekiri indique que les élèves, de la maternelle à la 6e année, qui rejoindront le Lycée français auront le droit à une double éducation française et manitobaine.

« L’on est vraiment attaché à ce que les élèves aient un double curriculum, surtout au niveau de la science humaine, pour qu’ils puissent avoir une culture à la fois du Canada et culture française et européenne. Ça, c’est vraiment important pour nous. »

Lycée français : gage de succès?

Présentement, moins d’une dizaine d’établissements du même genre existent au Canada.

Mais est-ce que ces écoles garantissent le succès des élèves? Il n’y a aucun doute pour Kamel Fekiri.

« Je vais citer les résultats de mon cousin qui est directeur d’un lycée français au Qatar. 100 % de réussite au Bac (2) ont été enregistrés, dont 70 % avec une mention. »

Francine Watkins, conseillère des Français de l’étranger dans la circonscription consulaire (3) de Toronto (Ontario et Manitoba), confirme le constat de Kamel Fekiri.

« Et en plus, ces élèves sont ensuite admis dans des établissements d’enseignement supérieur assez prestigieux. Comme le lycée français du Manitoba offre à la fois l’éducation française et manitobaine, c’est une richesse. Ces élèves seront doublement bénis, si je peux dire. Ils auront les portes ouvertes des universités aussi en France et puis dans l’espace européen, plus les universités canadiennes et américaines. »

Séverine Biderman est aussi une conseillère des Français de l’étranger pour la même circonscription. Elle a également été présidente du Lycée français de Toronto pendant cinq ans.

« C’est un niveau d’éducation qui est très recherché. C’est un système qui ressemble assez au programme du Manitoba. Moins qu’en Ontario, d’ailleurs. Je pense que le système manitobain est plus rigoureux et plus robuste que celui de l’Ontario. On encourage évidemment tous ces établissements. Ils ont toute une ambition et toute une énergie. On ne peut que saluer ça. »

Olivier Giffaux siège aussi en tant que conseiller des Français de l’étranger au sein du conseil consulaire de Toronto.

Il soutient également cette initiative qu’il espère voir aboutir, car « il y a une demande pour ça », dit-il.

Olivier Giffaux évoque aussi les défis financiers pour ces établissements. Il faut noter que les frais de scolarité sont de 12 000 $ pour l’année 2026-2027 au Lycée français International de Winnipeg.

C’est environ deux fois moins cher que le Lycée français de Toronto pour une première inscription.

D’ailleurs, à l’occasion de cette nouvelle journée de portes ouvertes, Kamel Fekiri et sa femme offriront l’occasion de remporter, avec certaines conditions, une inscription gratuite pour l’année.

« Les personnes présentes pourront déposer un bulletin dans une urne et on fera un tirage au sort. Une personne sera sélectionnée pour pouvoir gagner une année de scolarité dans l’école », explique Kamel Fekiri.

(1) Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

(2) En France, le baccalauréat, appelé généralement « Bac », est le diplôme qui valide la fin de la scolarité au lycée et qui ouvre l’accès à l’enseignement supérieur.

(3) Des élections consulaires ont eu lieu le 30 et 31 mai 2026. Les entretiens ont été réalisés avant cette échéance.